N°126 / Emancipation et éducation : la révolution postmoderne

Par Cécile Borel

La réflexion que propose cet article s’est beaucoup appuyée sur le texte de Benjamin Fernandez, « Le temps de l’individuation sociale » (2011). Journaliste et sociologue franco-américain, il propose une critique de la société postmoderne qui fait largement écho aux réflexions éducatives qui m’habitent autour des questions de production et de rythme. La vision qu’il expose peut apparaître un peu réductrice, mais elle est révélatrice des courants qui traversent notre société et nous entraînent parfois malgré nous.

 

Un peu d’histoire : la théorie de l’Homo œconomicus

 

L’éducation est depuis longtemps perçue comme un facteur d’émancipation. La lente démocratisation de l’enseignement depuis le XVIIIe siècle, l’accès aux connaissances et aux savoirs ont contribué à la transformation de l’Homme sujet, appartenant à quelqu’un ou à une classe sociale déterminée et figée, en un Homme citoyen, acteur de la société et qui peut rêver de grimper l’échelle sociale.

L’éducation, au sens large, a participé à l’émergence de l’Homme moderne, celui qui s’affranchit de la nature sauvage et du droit divin par la lutte et grâce au progrès. Un être en révolution, qui bat le pavé ou le lance, qui se dresse contre l’oppression et réclame ses droits. Cet Homme avec un grand H est révolutionnaire, abolitionniste, communiste, socialiste, résistant, syndicaliste, femme et/ou féministe, prolétaire, colonisé, pacifiste, en tous les cas, revendicateur et engagé. Bref, un Homme à la recherche de son émancipation, qui me semble parfois un peu en voie de disparition ou, en tout cas, difficile à incarner.

En effet, qui aujourd’hui voit le sens de se dire « abolitionniste » ? Pourtant l’esclavage existe, plus insidieux, dissimulé derrière des murs bien propres de grandes maisons ou le prix dérisoire (ou affreusement cher) d’un T-shirt. Il est ringard de se dire féministe et pourtant les droits durement acquis sont fragilisés, comme de pouvoir disposer de son corps et de choisir ou non d’avorter. L’Homme moderne doit défendre l’émancipation, mais il fait face à un étrange reflet dans son miroir qui lui renvoie une nouvelle image, celle du bien connu (mais non du bien-aimé) Homo œconomicus.

 

Celui-ci, selon Benjamin Fernandez, apparaît comme un « individu nouveau, jouisseur, inconstant et protéiforme » (p. 339). Il évolue dans un monde « liquide »[1], qui change au gré des flux de l’économie mondialisée. Un Homme qui a poussé le concept d’individuation à son extrême en sacrifiant au passage le collectif et la solidarité sur l’autel du consumérisme et de la société libérale.

 « Fluide, nomade, sans transcendance ni exigence, ce self-made-man abandonne les mythes d’émancipation aux hordes de perdants, de frustrés et autres inadaptés de l’économie dominante. Lancé dans la compétition perpétuelle et à la recherche effrénée de satisfaction de tous ses désirs, ignorant qu’il vit en société, l’individu postmoderne est un individu par excès dans la vie privée » (Castel, 2004, cité par Benjamin Fernandez, p. 343). Le dernier sujet de votation en Suisse, sur la redevance télévisuelle, illustre, je trouve, assez bien ce phénomène : la taxe pensée pour donner l’accès à la culture à toute la communauté est soudainement perçue comme une entrave à l’autonomie de choix, à l’expression de l’individualité de l’Homo œconomicus, qui lui ne paie uniquement que ce qu’il consomme pour son propre compte.

 

Cette dualité entre l’homme moderne qui a accès à l’éducation, à l’information et qui peut s’exprimer et participer à la société et l’Homo œconomicus qui ne vit que pour lui-même, dans l’immédiateté, à un rythme effréné, se reflète bien dans les problématiques et les questionnements qui traversent les terrains éducatifs.

 

Travail éducatif : le règne de la quantité sur la qualité

 

Le propre de notre temps est de ne plus en avoir. Nous sommes emportés par l’accélération d’un monde que Gilles Lipovestsky (2001, cité par Benjamin Fernandez) décrit ainsi : « Une époque postdisciplinaire caractérisée par l’éphémère, la mode, le spectaculaire et la célébration du présent. (…) les phénomènes sociaux s’expliquent moins par l’aliénation ou la discipline que par la séduction » (p. 342).

Les professionnelles que je rencontre en formation continue expriment régulièrement que cet espace de réflexion qui leur est proposé est une respiration bénéfique dans l’intensité du travail quotidien. Un peu à l’image de sprinters qui seraient obligés de s’arrêter au bord de la route pour reprendre leur souffle et se souvenir de pourquoi et vers quoi ils courent. Ces propos sont révélateurs de la difficulté grandissante dans le monde du travail de libérer des temps d’élaboration et de partage, en raison de l’accélération et de l’intensification.

Dans ce monde liquide, les flux d’information sont devenus l’arme suprême d’aliénation des consciences. Ce n’est plus à celui qui donnera l’information la plus utile, la plus solide, mais juste à celui qui la donnera en premier, fût-elle totalement fausse. Or, ce temps, sans temps, où les rythmes régissant la société dépassent ce que l’être humain est capable d’absorber, n’est pas sans conséquence sur l’équilibre de construction de l’univers social.

Benjamin Fernandez explique ainsi que « les consciences, ciblées, surstimulées, synchronisées par les techniques de communication et dépassées par la vitesse de transmission de l’information, perdent peu à peu leur capacité d’appréhension et de compréhension du monde » (p. 345).

Face à ces flux, nous sommes pris d’un sentiment grandissant d’insécurité et probablement d’incompétence. Nous sommes tous, à un moment ou à un autre, dépassés par la complexité et la vitesse de changement de la réalité qui nous entoure. Avec pour leitmotiv un vieux refrain adressé au départ à des dinosaures : s’adapter ou mourir. Nous aimerions que l’image du troupeau d’êtres humains apathiques et soumis, sidérés devant un même écran, si bien représentée dans certains films (à commencer par 1984, d’Orson Welles), reste une caricature. Mais notre exposition et notre dépendance aux écrans sont déjà une réalité et continuent de progresser de manière exponentielle. L’image n’a d’ailleurs pas besoin d’être toujours en mouvement (même si ça aide), il suffit qu’elle soit bien ciblée pour être efficace. « (…), cet individu est largement modelé par un ciblage marketing d’une efficacité redoutable pour sidérer les consciences et les rendre “disponibles” » (p. 340).

 

Cette sidération n’est pas l’apanage de la vie privée, au contraire. Avec l’intensification du travail, il y a un risque que les professionnelles qui doivent prouver qu’elles sont réflexives passent plus de temps à élaborer une réponse correspondant à des standards, qu’à mettre en discussion les pratiques éducatives modernes. L’évolution rapide des attentes des employeurs, politiques et usagers à avoir la preuve de la production et du rendement éducatif a des effets pervers. L’inadéquation des outils de mesure ou des attentes avec la réalité du terrain conduit les professionnelles à des pratiques clandestines, qui consistent à produire une série de réponses toutes faites, facilement réutilisables et pas trop chronophages. Plutôt que de cultiver un partage des pratiques dans un échange servant à confronter son expérience à celle de l’autre, à valider des pratiques communes, à construire un savoir métier, elles passent de plus en plus de temps à démontrer la diversité des activités proposées, à prouver encore et encore que ces activités répondent aux besoins des enfants et qu’elles sont préparées, anticipées, réfléchies.

 

Il serait illusoire de croire que le monde de la petite enfance est au moins un peu protégé du « bruit » continuel que produit la société économique mondialisée et des rythmes effrénés qu’elle impose. Deux rythmes selon Fernandez : « (…) l’accélération, qui se traduit par une hypermobilisation des corps et des esprits, et la synchronisation autour d’objets industriels techniques capables de capter l’attention des consciences et de les river sur les mêmes contenus culturels alors même qu’ils ont la conviction de s’orienter librement dans le choix des programmes. » (p. 345)

La résonance est bien là. Elle entre par tous les pores, par notre propre dépendance aux écrans, quand les montres connectées remplacent les téléphones portables interdits sur les lieux de vie. Quand les armoires débordantes de jeux et de matériel n’inspirent plus ni les enfants ni les éducatrices. Résonance pour les directions qui travaillent à répondre à des besoins collectifs en même temps qu’elles font face à l’individualisation des familles, qui en bonnes consommatrices exigent que l’on réponde à leur propre besoin (régimes, activités, horaires, etc.) ignorant que leur enfant vit en collectivité. Elles sonnent encore aux bureaux des directions aux prises avec les exigences politiques de rentabilité, d’économie et de performance.

Et résonance aussi, dans l’augmentation ou le retour fracassant des normes et des protocoles qui règlent le travail jusqu’à l’absurde : obligation de respecter les âges indiqués sur les places de jeux et tant pis pour les compétences des enfants et la confiance, interdiction de faire des activités cuisine si elles viennent troubler le protocole de l’équilibre alimentaire ou celui des règles d’hygiène (le fameux œuf en poudre obligatoire en France), pressions faites sur les institutions plutôt que sur les politiques dans la gestion des taux d’encadrement.

 

Pourtant la petite enfance est aussi un lieu de résistance. Un espace où certaines professionnelles, équipes, directions, politiques même, s’arrêtent de temps en temps de courir pour penser l’éducation, pour se souvenir avec les enfants de l’impérieux besoin d’émancipation et d’un lien social qui fasse de chacun le citoyen d’une société pour tous.

 

Un positionnement parfois coûteux et difficile. L’Homme occidental postmoderne a en effet tendance à se penser libre (et supérieur aussi souvent). Affranchi de la nécessité de construire et de défendre une société de droit commun, il jouit de ses libertés individuelles en réfutant toute idée d’influences extérieures. L’actuel débat sur les armes aux USA illustre parfaitement l’incongruité (pour ne pas dire l’absurdité) de notre monde postmoderne : on est plus mis en danger par un œuf en plastique contenant un jouet[2] que par un fusil mitrailleur. La liberté individuelle de posséder une arme et de se défendre, transcende la sécurité collective, dans un débat que chacun sait tronqué par la puissance économique et politique des fabricants d’armes.

Le flot d’informations nous soumet à une sorte de bruit continuel, qui tend à nous rendre sourds à nos propres revendications et aux cris de ceux qui sont exclus de cette société de la vitesse. Un monde extrêmement bruyant, dans lequel apprendre à lire, à écrire, connaître ses droits, accéder à l’école et à la formation sont encore, et redeviennent, des enjeux majeurs. L’accès aux savoirs est toujours façonné par les luttes de pouvoir, car il demeure un facteur de transformation des sociétés humaines.

 

Il est devenu difficile de porter ces combats, tant il existe de fronts sur lesquels il faut se battre. Ecologie, économie, droit, liberté, alimentation, accès aux soins, la liste n’est pas exhaustive des sujets qui requièrent notre attention et notre engagement. Reste donc une surdité partielle (ou complète), un certain aveuglement lié à un fort sentiment d’impuissance et le rejet des discours critiques qui requièrent, pour être entendus et traités, du temps et de l’attention.

« Ainsi la critique des discours totalisants et la célébration des flux et des pluralités proliférantes ne sont plus efficaces contre un pouvoir qui n’est plus un pouvoir de construction de sujet discipliné par les normes religieuses ou les hiérarchies militaires et familiales, mais un pouvoir économique et technique de déconstruction des sujets politiques et de gestion des flux, notamment des flux de désirs, en vue de produire des comportements producteurs, consommateurs et spéculateurs. L’économie libérale de marché n’a pas besoin de sujet, elle a besoin de contrôler les flux qui mobilisent les individus » (pp. 343-344).

Si on prend le temps d’y réfléchir, l’homme postmoderne est un être régressif : il a une vision du monde centrée sur lui-même, il est dans la recherche d’une jouissance constante et le « tout-tout-de-suite » n’est plus l’apanage des jeunes enfants.

 

Difficile donc de s’entendre et de se positionner le plus souvent, parce que nous restons un peu abasourdis par l’ampleur de la tâche et le bruit du démantèlement du travail même s’il est bien plus fort à l’extérieur (précarité, plan social, etc.). « Mais il (l’Homo œconomicus) est aussi un individu par défaut dans la vie professionnelle et sociale, de plus en plus privé de droits sociaux et de reconnaissance face aux exigences économiques, précarisé, sans appui ni droit devant la hiérarchie » (Castel, 2004, cité par Fernandez p. 343).

 

Eduquer pour émanciper : rien ne change, pourtant tout est à refaire

 

Pour autant, il ne faut pas désespérer, loin de là. Dans ce monde un peu fou, tout est à réinventer et le monde de l’éducation a ceci de merveilleux qu’il ouvre tous les possibles. Peut-être faut-il un peu se battre, oser refuser, revendiquer, défendre. Tant mieux, on élabore des discours, on réfléchit, discute, échange, on prend le temps. La lutte nous paraît souvent épuisante vue de l’extérieur, mais en réalité, elle est créative, porteuse et nous nourrit bien plus que la soumission ou l’illusion. Sans pour autant penser que c’était mieux avant, il est important de se souvenir d’où l’on vient. Par exemple de ce qui avait motivé l’émergence des crèches autogérées. De ce qui faisait leur essence, l’échange, le partage et la coconstruction des réalités éducatives. Peut-être pouvons-nous trouver là les outils pour repenser la relation aux familles, combattre la peur de la prochaine exigence individuelle et pouvoir arrêter le cycle infernal qui nous enferme dans l’allongement des réglementations. On voit naître ainsi dans les institutions, à l’initiative de professionnelles, des cafés parents, des espaces de troc et d’échanges. Les lieux de vie s’ouvrent et les professionnelles réinventent des espaces de dialogue et de confrontation.

L’élan qui porte la création d’institutions en forêt est de cette veine-là. Ceux qui y participent font le choix de donner un peu d’eux-mêmes, de faire participer des volontés extérieures, d’expérimenter et de se battre un peu, pour la professionnalisation de notre profession et des institutions, et contre la normalisation d’un « mode de faire » éducatif qui nous maintiendrait dans une logique productive aliénante autant pour les enfants que pour nous.

 

S’appuyant sur Bernard Stiegler, Fernandez parle d’individuation collective et de subjectivation qui sont « productrices de localité, d’événement et de sens : un sens vécu et partagé ; non pas ce qui produit des sujets constitués, mais ce qui compose et rythme les forces actives de subjectivité potentiellement révolutionnaires, à travers des pratiques réflexives affrontées aux rythmes coercitifs. La subjectivation est un processus narratif dans une expérience qui requiert l’autre, le pluriel, le diachronique, une relation dans laquelle le sujet inachevé s’individue dans une parole, c’est un effort pour dire “je” dans un nous (…). Elle exprime une volonté qui rencontre une attention, non pas dans un face à face, mais dans un partage, non pas dans un contre, mais dans un avec. » (p. 347)

Bref, revenir à des essentiels, se souvenir que le je se construit au contact du nous. On peut revisiter la notion d’autonomie. Non pas dans l’idée d’un retour en arrière dans les conceptions pédagogiques autour du développement de l’enfant, mais pour se souvenir qu’elle ne se résume pas à une ou des acquisitions figées, liées à un certain âge, mais qu’elle est un processus qui dure toute la vie et fluctue aussi en fonction de l’aspiration sociale dans laquelle elle grandit. L’autonomie ne se résume pas par exemple à savoir marcher, elle se construit tout au long de l’apprentissage de la marche. Si on accélère l’apprentissage en poussant l’enfant à apprendre plus vite, on diminue sa capacité à résoudre et à surmonter lui-même les problèmes et, à la longue, on diminue son autonomie.

Benjamin Fernandez parle de l’émergence d’un autre rythme, qui réactive une qualité du temps : l’intempestif. S’ouvrir à l’intempestif c’est bien élaborer des nouveaux rythmes, échapper au bruit et recréer du silence, un silence suffisant pour enfin s’entendre penser et élaborer ensemble une nouvelle intelligence collective. Militer pour qu’il soit offert aux enfants des espaces de silence, des espaces non de rien, mais à partir de rien et en partant de tout, sans attente particulière que celle d’observer et d’accompagner l’évolution des intelligences singulières dans la rencontre avec l’autre.

 

L’émancipation de la production : la révolution éducative d’aujourd’hui

 

Pour cela, il faut impérativement repenser l’activité. Il faut la sortir de ce carcan étroit qui la définit comme une série d’actions prédéterminées ayant pour effet un apprentissage. L’activité c’est tout simplement le propre de l’être humain qui ne sait ni s’arrêter de penser, ni s’arrêter de communiquer, ni s’arrêter d’agir et, qui peut encore moins, arrêter d’apprendre.

L’activité ou le jeu éducatif, l’activité structurée ou le jeu d’éveil : autant de concepts économiques, de production qui nous vendent l’idée que l’on peut décider de ce que l’enfant va apprendre et quand il va le faire. Que l’on doit soutenir, favoriser, voire accélérer, les apprentissages pour rendre l’enfant autonome et que c’est là l’essence de notre profession.

 

Mais l’enfant est dans l’intempestif, il joue, agit, apprend tout le temps. Et le défi que relèvent les professionnelles est d’être véritablement présentes à ce qui se passe à chaque instant. Car l’apprentissage le plus important pour Julien aujourd’hui ne se fera peut-être pas durant le Memory, mais au moment de la séparation, ou quand il enfilera sa pantoufle, ou dans le jardin devant le mécanisme de la poignée de la cabane, ou en croquant sa cuisse de poulet, ou… peu importe. L’essentiel est qu’il puisse le faire et qu’il y a quelqu’un près de lui pour ouvrir tous ces possibles et les accompagner.

Ne nous y trompons pas, c’est du travail d’ouvrir les possibles et d’être présent à ce qui se passe. Un travail très important sur la qualité. Un travail qui demande de l’engagement, de ne pas toujours compter son temps, de donner de soi, de renoncer à sa pause pour vivre l’instant, de s’impliquer dans les confrontations professionnelles, de se remettre en question. Il ne s’agit pas de renoncer à proposer des activités, mais de les inscrire dans un temps de décélération, dans une construction collective d’une nouvelle intelligence éducative. Il faut militer, argumenter, expliquer encore et encore.

C’est du travail et cela demande du temps : « Une temporalité nécessairement diachronique, qui implique l’attention, la réflexion, la reconnaissance de l’autre, l’échange dont le résultat est imprévisible et non quantifiable, et donc une certaine liberté de temps : du temps sans mesure, un don de temps. Qu’y a-t-il de plus précieux à offrir que du temps quand celui-ci vient à manquer ? Offrir du temps et, par là même, rendre au temps sa puissance d’indétermination, peut être l’acte fondateur de libération qui permet l’individuation psychique et collective » (p. 348).

 

Donner aux enfants du temps, le temps d’apprendre, le temps de grandir, le temps d’élaborer, le temps de s’ennuyer, le temps d’un câlin, le temps de manger, le temps de la dispute. Un temps où nous sommes présents véritablement, disponibles complètement, pas juste le temps de les garder, ou de faire une activité : un temps qui accueille. Un temps engagé pour construire dans l’infiniment petit quelque chose d’infiniment grand.

Cécile Borel

 

Référence bibliographique

Fernandez, Benjamin, « Le temps de l’individuation sociale », Revue du MAUSS 2011/2, N°38, pp. 339-348.

[1] Fernandez cite Zygmunt Bauman (2007) qui parle de « modernité liquide », p. 343.

[2] Les œufs en chocolat contenant des surprises sont interdits aux USA, à cause d’une loi qui date de 1938 et interdit de dissimuler un objet non comestible dans un aliment.