N° 137 / Le 137 esquissé

Le dossier

Jeanneret revient sur la création de l’Association La Gardoche à l’origine de la 1re garderie privée fondée sur les valeurs du bénévolat et de l’autogestion de Lausanne, dans le contexte socio-historico-politique tant suisse qu’européen de l’époque, et relate son évolution jusqu’à son inscription dans le réseau des centres de vie enfantine municipalisés.

Sabot, Payot et Godoy discutent les conditions de participation concrète des enfants aux différents nouveaux mouvements sociaux (NMS) au travers de la présentation du projet « Mon année COVID », déployé au printemps 2021 par la Ville de Lausanne. Les autrices et l’auteur rendent notamment visible l’importance de l’engagement institutionnel pour soutenir, faire dialoguer, partager et visibiliser les réalités respectives des enfants.

Fracheboud se saisit d’un reportage de la RTS montrant dans une institution de la petite enfance lausannoise des enfants de 3 ans en train de voter, et elle s’insurge contre le recours à des techniques pédagogiques visant, d’une part, à vendre une prestation aux parents et, d’autre part, à « produire » de futur·e·s employé·e·s.

Hofstetter aborde les enjeux liés aux questions LGBTIQ+ pour le travail social, tant dans l’accueil des personnes « arc-en-ciel » dans les institutions que dans la formation destinée aux travailleuses et aux travailleurs sociaux. Elle mobilise pour cela son expérience personnelle de mère de deux enfants élevés dans une famille arc-en-ciel accueillis dans des structures d’accueil collectif de jour et les données qu’elle a récoltées dans le cadre de son travail de master à la HES-SO.

Undurraga et Kühni, Jacques, se saisissent d’un texte de Federici, Simonet, Merteuil et Kuehni (Morgane, cette fois-ci) pour converser autour d’espaces – l’espace de la famille, l’espace de la politique et l’espace du travail – et de la manière dont ces espaces se rencontrent, se mêlent et s’entremêlent dans l’activité du quotidien.

Kühni, Karina, nous parle de ces petits riens qui se transforment en véritables ficelles du métier qui le facilitent et des grandes fausses bonnes idées qui le perturbent. Il est alors question, d’une part, de colliers, bracelets et boucles d’oreilles, de café soluble et de capsules, et, d’autre part, des perturbateurs « endocTriniens » et de poux chassés au lait de coco.

Vaz témoigne de la manière dont son engagement militant pour lutter contre la mise en œuvre du Cadre de référence établi par l’Etablissement intercommunal pour l’accueil de jour parascolaire a contribué au développement de son identité professionnelle d’éducatrice de l’enfance. Elle y rend tout particulièrement visible la nécessaire articulation entre engagement professionnel et responsabilité citoyenne.

Constantin, Guillaume-Gentil, Mahfoudh, Palazzo-Crettol, Rey, Togni et Hugon présentent un dispositif pédagogique développé dans le cadre d’une recherche menée autour de la coconstruction d’une pédagogie de l’égalité à la HES-SO. Ce dispositif repose sur une approche qui considère les participant·e·s comme acteurs et actrices de leurs pratiques pédagogiques et dont les principes pourraient être mobilisés et adaptés dans le contexte du travail social dans le domaine de la petite enfance.

Les savoirs des couloirs

Kuhni, Karina, propose une suite à l’article qu’elle a coécrit avec Fracheboud dans le cadre de la rubrique « Les savoirs des couloirs » du numéro 136 de la Revue, en revisitant les propos tenus par trois professionnelles de l’enfance invitées à partager leur expérience d’interviewées lors de l’Assemblée générale de l’Association de la Revue [petite] enfance de 2021. Elle rend ainsi visibles les apports de cette expérience pour ces professionnelles, durant quatre temps distincts : avant l’entretien, pendant l’entretien, après l’entretien et à la lecture de l’article ainsi produit.

 

Dire & Lire

Nussbaumer nous invite à un voyage dans la magie du quotidien en faisant la présentation de trois albums imagés de la Suédoise Eva Lindström, qui ne « prend pas les enfants pour des demi-demeurés ». Nous y découvrons avec délectation ce qui rend ces albums si passionnants, tant pour l’auteur de cet article que pour sa fille !

Robert Frund et Sophie Tapparel