CHOIX D’ARTICLE

N°128 / Miscellanées du mépris

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

Tiens, la justice a un sexe !

« Une étude anglaise fait état de plusieurs observations de classe enregistrées à la vidéo où des enseignantes, qui déclaraient, en toute sincérité, qu’elles portaient la même attention aux garçons et aux filles de leur classe, consacraient en réalité, d’après les enregistrements, deux-tiers de leur temps aux garçons et un tiers aux filles. Lire la suite…

N°128 / La justice sociale, coordonnées d’une notion complexe

Dossier

Par Jean-Michel Bonvin, Université de Genève
Les débats autour de la justice sociale sont complexes et voient la confrontation de positions qui semblent difficilement réconciliables. Dans ce bref article, on distingue trois conceptions de la justice sociale suivant la manière dont elles envisagent la question de l’égalité. Dans une première acception, la justice sociale revient à récompenser le mérite, il s’agit de donner à chacun ce qui lui est dû. Lire la suite…

N°128 / « Touche pas à ma justice, ce serait trop injuste ! »

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice et chargée de cours HETS & Sa eesp HES-SO

Ce terme englobe plusieurs définitions suivant que l’on parle de justice sociale, de justice distributive, de justice rétributive, de justice légale ou juridique, etc.

Les liens entre justice et morale, justice et éthique sont aussi fortement présents dans nos discours.

D’innombrables différences existent donc entre les penseurs qui se sont intéressés à la thématique (cf. Bonvin). Selon que l’on soit marxiste, libéral, sociologue, psychologue, économiste, humaniste, etc., les positions divergent. Je n’apprends rien à personne.

 En conséquence, ce qui est juste et ce qui est injuste ne va pas de soi. Lire la suite…

N°128 / Je me souviens

Dossier

Par Cécile Borel, adjointe pédagogique, Carouge                               

Je me souviens de ma petite enfance. Difficile de dater précisément ces souvenirs, ou de dire lequel est le premier, mais il y a assez d’indices pour savoir que je devais avoir moins de 4 ans.

Je me souviens de vacances à la mer et de ce biberon dont j’ai envie, mais que je ne peux pas boire, parce qu’il est tombé sur la plage et que la tétine est pleine de sable. Lire la suite…

N°128 / Le théâtre des apparences : lieux d’accueil de l’enfance et justice sociale

Dossier

Par Michelle Fracheboud, adjointe pédagogique à Lausanne

Pour commencer, un tableau, sur ce tableau, une photo. On y voit un groupe d’ouvriers chinois licenciés se fondre dans un mur sur lequel il est écrit « le parti communiste est la force de progrès ». C’est l’une des œuvres montrées actuellement au musée de l’Elysée à Lausanne dans le cadre de l’exposition « Le théâtre des apparences » présentant une rétrospective de l’œuvre de Liu Bolin. Devant ce tableau, je n’ai pas pu m’empêcher d’imaginer une famille représentée de la même manière devant un mur sur lequel serait affichées les missions mises en avant dans la nouvelle version de la LAJE[1], entrée en vigueur en 2018 dans le canton de Vaud, mais aussitôt bafouée dans le nouveau cadre parascolaire. Lire la suite…

N°128 / Dialogue autour de la pédagogie

Faire & Penser

Par Bernadette Moussy, éducatrice du jeune enfant et historienne de l’éducation

Dans une crèche, entre une éducatrice et la stagiaire

– La stagiaire : D’après votre expérience, pouvez-vous me dire comment vous concevez la pédagogie dans votre travail ?

– L’éducatrice : Je trouve que la pédagogie est une discipline trop centrée sur elle-même !

– Pourtant elle est en rapport avec la psychologie, la sociologie, la médecine, la psychanalyse, la pédiatrie, la neurologie, quelquefois l’ethnologie…

– D’accord, mais je proposerais d’autres ouvertures.

– Lesquelles par exemple, toutes celles que j’ai nommées ne suffisent pas ? Lire la suite…

N°128 / Valoriser les paroles d’enfants : de la clinique pédiatrique à la recherche en sciences sociales

Chercher & Travailler

Par Sarah Bonnard, Margaux Bressan et Carla Vaucher, doctorantes en anthropologie médicale et de la santé

Institut des Sciences sociales, Faculté des Sciences sociales et politiques, Université de Lausanne

A l’hôpital et dans le domaine de la santé de manière générale, les occasions qu’ont les enfants de faire entendre leur voix au sujet de leur maladie et des soins qui leur sont prodigués semblent constituer des exceptions plutôt qu’une règle. Bien souvent, leurs paroles sont médiatisées par celles de leurs parents ou des professionnel·le·s qui assurent leur prise en charge. Lire la suite…

N°127 / Rudiments thermodynamiques de la haine et vertiges de l’amour

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

Au commencement était une sourde méfiance (en deux temps) devant le mot « amour », qui fait un doublet redoutable quand il s’articule en amour/haine en laissant entendre qu’il s’agit d’une même énergie. Eros est une des félicités de l’humaine condition, les humains s’envoient en l’air même en dehors des périodes de fécondité et la jouissance est une bonne raison de vivre, assez largement partagée. Lire la suite…

N°127 / Mieux vaut en rire

Dossier

par Sophie Mercier Millot, psychologue du travail à Paris

Rire en crèche ? A priori, rien de plus naturel. On plaisante bien entre collègues… Certes, mais il ne s’agit pas ici du rire comme manifestation spontanée de bonne humeur. Il est question du rire qui détourne, qui vient au secours des pulsions, qui délivre du poids du réel. Rappelons que l’humour en psychanalyse se présente comme une défense contre la conflictualité entre une pulsion et un interdit. Freud note que « l’humour nous permet d’atteindre au plaisir en dépit des affects pénibles qui devraient le troubler » (Freud, 1905). Lire la suite…

N°127 / De bruit et de fureur : la haine et l’amour en structures d’accueil

Dossier

Par Michelle Fracheboud, adjointe pédagogique à Lausanne

« Les cris des petits l’irritent, elle en hurlerait elle aussi. Le pépiement harassant des enfants, leurs voix de crécerelle, leurs “ pourquoi ? ”, leurs désirs égoïstes lui rompent le crâne. “ C’est quand demain ? ” demande Mila, des centaines de fois. Louise ne peut pas chanter une chanson sans qu’ils la supplient de recommencer, ils exigent l’éternelle répétition de tout, des histoires, des jeux, des grimaces, et Louise n’en peut plus. Elle n’a plus d’indulgence pour les pleurs, les caprices, les joies hystériques. Lire la suite…

N°127 / Les (en)jeux de l’amour et de la haine

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice à Lausanne

« Il y a trois fils qu’il faudrait tisser ensemble : l’individuel, le familial, le social.

Mais le familial est un peu pourri, le social est plein de nœuds.

Alors on tisse l’individuel seulement.

Et l’on s’étonne de n’avoir fait que de l’ouvrage de dame, artificiel et fragile. » (Deligny, 1960, pp. 74-75)[1] Lire la suite…

N°127 / Petits mépris politiques et petites haines administratives

Dossier

Par Michelle Fracheboud, Karina Kühni et Jacques Kühni

 Les partis politiques adorent les enfants, c’est un argument électoral dont ils ne peuvent plus se passer s’ils veulent durer. Pourtant, de gauche à droite, on ne parle pas tout à fait de la même enfance. Quelques-un.e.s trouvent que les enfants des autres leur coûtent trop cher parce que, voyez-vous, quand on fait des gosses, on s’en occupe ! Quelques autres continuent de penser, envers et contre tout, que La Mère est faite pour materner, point barre. Ces gens-là ne disent jamais franchement ces horreurs conservatrices, c’est en sourdine idéologique que cela apparaît. Dans cette antienne, nous avons repéré cinq ressassements et voici les réactions spontanées de trois d’entre nous. C’est que, voyez-vous, cela frise le mépris de classe et la haine de genre. Lire la suite…

N°127 / Quelle place et quel rôle pour les parents?

Faire & Penser

Par Christine Bajulaz, éducatrice à Nyon

Comment les parents se sentent-ils considérés et pris en compte par les institutions auxquelles ils confient leur.s enfant.s et par le personnel éducatif ? Comment perçoivent-ils leur rôle et leur place dans la structure qui prend en charge leur.s enfant.s et, plus particulièrement, auprès des équipes éducatives ? Quel espace de parole ou d’échange les parents trouvent-ils dans les structures d’accueil de jour des enfants (AJE) ? A quelles occasions ou dans quelles circonstances les parents sont-ils impliqués dans la vie du lieu d’accueil ? Quels sont, en termes de collaboration avec l’institution d’accueil et particulièrement avec les équipes éducatives, les besoins et les attentes des familles ? Lire la suite…

N°127 / En lisant Sociologie des enfants de Martine Court

Dire & Lire

Par Antonia Undurraga, responsable de formation, esede Lausanne

Martine Court tente, dans cet ouvrage, de remettre l’église au centre du village en ce qui concerne les disciplines et les connaissances nécessitant d’être approfondies pour mieux comprendre de quoi on parle quand on parle d’enfance et des enfants. Et surtout, d’égalité et d’inégalités. Lire la suite…

N°127 / Mais où est-ce que vous avez vu une famille pareille?

Dire & Lire

L’enfant abandonné de Faute d’amour, d’Andrei Zviaguintsev

Par Jean-Marie Cherubini

Objet de culte et de révérence absolue dans le cinéma commercial, l’enfant devient parfois un personnage qu’on prend plaisir à malmener et à montrer dans des situations terribles, comme pour répondre à cette image invariablement positive qui cache une vérité qu’on se saurait entendre. Malheureusement, il ne s’agit bien souvent que de provocations sans grande envergure qui visent en définitive le même but : la notoriété et l’enrichissement ; et qui ont pour effet, tout comme les films auxquels ils sont censés s’opposer, de construire des images figées et souvent stigmatisantes de l’enfance. Lire la suite…

N° 126 / Le contraire d’une marchandise

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

La haine traverse les générations précisément par défaut d’émancipation, quand le destin est considéré comme une puissance totale. Son terrain de prédilection ce sont les histoires de familles et les histoires de nations, qu’elles soient mythologiques ou politiques. Lire la suite…

N°126 / La femme, la mère et la crèche au XIXe. Entre assujettissement et émancipation

Dossier

Par Catherine Bouve, responsable de formation, Docteur en Sciences de l’Education, chercheure associée au laboratoire EXPERICE (Université Paris 13)

« La crèche est un simple encouragement à la paresse et à l’indifférence des mères : c’est une école de mauvais allaitement artificiel. Delenda est : Il faut détruire les crèches » (Renaud-Badet, 1909, p. 73).

Au milieu du XIXe siècle, la Société des Crèches construit un projet de reconquête religieuse et de régénération de la classe ouvrière où la peur sociale se transforme en contrôle de l’éducation des enfants pauvres pour former des travailleurs consciencieux et dociles. Car il s’agit bien de construire une paix sociale durable, d’en finir avec les émeutes et les révolutions. A travers l’enfant c’est la femme ‒ mères et berceuses[1] – et conséquemment la famille, que l’on sensibilise à de nouvelles valeurs[2]. Lire la suite…

N°126 / Emancipation et éducation : la révolution postmoderne

Dossier

Par Cécile Borel

La réflexion que propose cet article s’est beaucoup appuyée sur le texte de Benjamin Fernandez, « Le temps de l’individuation sociale » (2011). Journaliste et sociologue franco-américain, il propose une critique de la société postmoderne qui fait largement écho aux réflexions éducatives qui m’habitent autour des questions de production et de rythme. La vision qu’il expose peut apparaître un peu réductrice, mais elle est révélatrice des courants qui traversent notre société et nous entraînent parfois malgré nous. Lire la suite…

N°126 / En quoi l’émancipation nous concerne-t-elle ?

Dossier

Par Michelle Fracheboud, adjointe pédagogique à Lausanne

La question de l’émancipation dans les lieux d’accueil de la petite enfance peut sembler décalée : s’émanciper, c’est s’affranchir d’un état de dépendance, d’une domination, alors que cet état de dépendance est intrinsèque à la condition des jeunes enfants qui ne sauraient survivre et se développer sans la présence attentive des adultes. Lire la suite…

N°126 / Des conditions de l’émancipation

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice à Lausanne

Emancipation pour toutes et tous, toujours, tout le temps ? De quoi parle-t-on ?

Jules commence à avancer à quatre pattes, il se déplace de plus en plus vite chaque jour. On le pose ici et on le retrouve là-bas. On aimerait qu’il reste par là, les jeux à disposition ne sont pas dangereux, mais on le retrouve là-bas près des escaliers… Lire la suite…

N°126 / Entre entraves et émancipation

Dossier

Par Marianne Zogmal, adjointe pédagogique à Genève

Pour de petits enfants, le terme d’émancipation est peu utilisé et semble un peu incongru. Une lutte politique pour des droits et des moyens permettant de se libérer d’un assujettissement ? Qu’est-ce que cela apporte pour l’éducation des jeunes enfants ? Le champ professionnel recourt plutôt aux notions  d’autonomie ou de participation. Ce texte discute en premier lieu la signification de ces différents termes, avant de s’intéresser aux pratiques réelles portant sur la « gestion » d’un groupe d’enfants. Comment une analyse interactionnelle peut-elle éclairer les liens asymétriques entre enfants et éducatrices de l’enfance qui s’inscrivent dans un contexte collectif ? Comment les règles institutionnelles, la répartition des enfants et la mise en place des activités se réalisent-elles dans les structures d’accueil de l’enfance ? Lire la suite…

N°126 / Multiplicité des regards, diversité des pratiques

Faire & Penser

Par Céline Nunes Delion, Laure Schürmann, Claire Kohler et Claudia Mühlebach

Nous travaillons dans une même institution, mais sur des groupes différents et devions intervenir lors d’une journée de formation intitulée : « Lire et réfléchir – lire et faire ». Cette journée a été annulée et nous allons tenter d’écrire ce que nous voulions dire.

Pour éclaircir un peu comment nos lectures professionnelles font vivre nos pratiques, nous sommes parties de quelques textes qui nous ont occupées durant nos colloques institutionnels. La parution récente d’Eloge de la diversité (2017)[1] est venue lancer le débat, tant nous rencontrons chaque jour la réalité de ces diversités, qu’il s’agisse des enfants avec leurs familles ou des professionnelles avec leurs parcours si différents. Lire la suite…

N°126 / Réagir

Réagir & Ecrire

Par Nicole Egli

Je voudrais revenir sur le numéro 125 de la Revue [petite] enfance intitulé « Plaisir du récit, bonheur du mensonge ».

Après quelques hésitations, entre le texte d’Elise Joder et celui de Virginie Sadock, j’ai fait le choix de me pencher d’un peu plus près sur l’article de cette dernière. Son titre, « Que le spectacle commence… », fait sans doute écho à mon travail d’éducatrice et d’animatrice d’ateliers d’expression et ce texte a résonné longtemps en moi après sa lecture. Lire la suite…

N°126 / En lisant Les murs du silence

Dire & Lire

En lisant Les murs du silence. Abus sexuels et maltraitances d’enfants placés à l’Institut Marini d’Anne-Françoise Praz, Pierre Avvanzino et Rebecca Crettaz (2018), Neuchâtel, Alphil-Presses universitaires suisses.

Par Fabrice Bertrand, responsable de formation, esede, Lausanne

Sous l’autorité d’hommes d’Eglise, l’horreur s’est produite. D’une manière répétée et dissimulée, au sein de l’Institut catholique fribourgeois Marini, violences et abus sexuels ont marqué le destin d’enfants aux parcours souvent déjà difficiles et dont le clergé avait la charge. Comment peut-on expliquer des fautes de cette envergure ? Tel est l’un des enjeux de l’ouvrage rédigé par Anne-Françoise Praz, Pierre Avvanzino et Rebecca Crettaz, issu d’une recherche confiée aux auteur·e·s par l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Charles Morerod. Lire la suite…

N°126 / Tedo, l’enfant tenace

Dire & Lire

En regardant L’autre rive, de George Ovashvili, Géorgie, 2009, DVD. Ed, Trigon Film, 2012

Par Jean-Marie Cherubini                               

Resté discret sur le paysage cinématographique international, le film de George Ovashvili, L’autre rive, constitue un rare exemple de cinéma qui met en scène un enfant dans un contexte guerrier autrement que pour flatter la bonne conscience de l’adulte. Lire la suite…

N° 125 / On grandit par le corps et par le récit

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

Et quand on ne grandit plus, on est vieux ; et quand on ne raconte plus, on est mort.

Infans, celui qui ne parle pas. Etymologiquement, l’enfance serait donc sans parole. Pourtant, très tôt, les enfants racontent, et c’est par ces étranges vocalises, que nous ne comprenons que très imparfaitement, qu’ils cherchent notre humanité et affirment la leur. L’essentiel se joue dans notre application à les écouter. Lire la suite…

N° 125 / Fragments autour du geste de raconter

Dossier

Par Mireille Cifali Bega, prof. honoraire, Université de Genève

  1. Raconter, raconter encore et encore des histoires à celles et ceux qui ont besoin de notre voix, le soir au coucher ou durant la journée pour rester éveillés.

 Retrouver les personnages, découvrir ce qui arrive, comment cela commence, comment cela finit. Inventer une histoire, lire une histoire, en écorchant les mots, laissant filtrer l’émotion, la peur même, avec la question toujours inquiétante : « Que va-t-il donc se passer ? » Dans l’attente et la suspension. Lire la suite…

N° 125 / Que le spectacle commence : récits vivants d’un travail animé

Dossier

Le travail d’une professeure d’arts plastiques

Par Virginie Sadock, psychologue du travail, Paris

Comment les personnes racontent-elles leur travail ?  Les manières de raconter son travail donnent-elles des éclairages sur les manières de travailler ? Sur les vécus de travail ? Sur les processus de travail ? Lire la suite…

N° 125 / En fait maman…

Dossier

Par Cécile Borel, éducatrice de la petite enfance

– Tu sais, maman ?

– Mmh ?

– Ben le crocrodile, il a mangé la princesse.

– Ah Bon ?!

– Ben voui ! Parce que le crocrodile, il était fâché, tu vois ? Lire la suite…

N° 125 / Petit détour par la fiction pour réfléchir au quotidien

Dossier

Par Michelle Fracheboud, assistante pédagogique à Lausanne

« Et, l’Eustache en main, Lebrac aborda sa victime. Il passa d’abord simplement le dos du couteau sur les oreilles de Migue la Lune qui, croyant au froid du métal que ça y était vraiment, se mit à sangloter et à hurler, puis satisfait il s’arrêta dans cette voie et se mit en devoir de lui “affûter”, comme il disait, proprement ses habits. Lire la suite…

N° 125 / Qu’est-ce que je raconte de ce qu’ils racontent

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice à Lausanne

Quand les petits enfants racontent, nous racontent, ils se racontent.

Ils disent un peu qui ils sont, ce qu’ils font, où ils en sont, ce qu’ils saisissent du monde alentour, ce qu’ils aimeraient de ce monde qui les entoure. Ils disent encore comment on les laisse exister dans ce monde où ils ont beaucoup à apprendre et à comprendre. Lire la suite…

N° 125 / L’évaluation du formateur, « des chiffres et des mots »

Réagir & Ecrire

Par Agnès Lepage-Champion et Bernadette Moussy

Introduction

Les auteures de cet article font des stages de formation permanente régulièrement. Elles ont expérimenté à plusieurs reprises le fait d’être l’objet d’une évaluation de leur animation. Ce qu’elles en ont ressenti leur pose quelques questions. Chiffrer la qualité d’une prestation par les utilisateurs est-il opportun alors que l’objectif des stages de formation concerne plutôt ceux qui y participent ? Qui évalue ? Qu’est-ce qui est noté ? N’y aurait-il pas une confusion entre ce qui doit être évalué et ce qui fait l’objet des questionnaires que l’on distribue aux stagiaires ?

Cet article, qui se présente sous la forme d’un dialogue entre les deux protagonistes, apporte leur expérience, leurs réflexions et leurs conclusions. Lire la suite…

N° 125 / Le radeau n’est pas une barricade

Dire & Lire

Par Jean-Marie Cherubini

En regardant

Ce gamin, là de Renaud Victor, France, 1975

Paru dans le DVD: Le cinéma de Fernand Deligny, Ed. Montparnasse, 2007

Ce gamin, là c’est Janmari. Un enfant autiste qui fait partie des pensionnaires du hameau des Graniers, dans les Cévennes, là où Fernand Deligny a établi sa structure d’accueil pour enfants autistes, entre 1968 et 1989. Lire la suite…

N° 124 / Une image, un phantasme, une représentation et des idées

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

 La vie n’est pas un théâtre, la scène n’est pas sur le devant, légèrement surélevée ; son texte n’est pas écrit, l’improvisation désordonnée domine les échanges avec plus ou moins de bonheur ; les décors ne sont pas des simulations de réalité, les tiroirs contiennent des choses et le frigo sent un peu le moisi ; dans la vie de tous les jours et de toutes les nuits, le metteur en scène n’est jamais là, même si les agencements des déambulations ont l’air d’être des arrangements organisés… Au théâtre, quand tout va bien, les acteurs sont payés ; dans la vie on est payé éventuellement pour un travail, mais pas précisément pour vivre sa vie. Lire la suite…

N° 124 / Les enfants dans les films de guerre: des enfants… vraiment ?

Dossier

Par Jean-Marie Cherubini

«Dans ce faux monde d’enfants, des enfants jouent à l’enfance.»

Emmanuel Dreux, « Cinéma burlesque : des enfants petits et grands », L’enfant au cinéma, Arras, Artois Presses Université, 2008

Personnages essentiels de nombreux films de guerre, les enfants sont très appréciés par les maisons de productions car ils sont des vecteurs parfaits pour générer une émotion forte et donner toute la mesure de l’horreur d’un conflit. Mais bien souvent, ces films ne parlent pas de ce que peut vivre l’enfant dans une telle situation. Celui-ci est généralement réduit à ce qu’il symbolise dans nos sociétés, à savoir l’innocence et la fragilité. Malgré les apparences, cette approche n’est pourtant ni propre au cinéma, ni nécessairement attachée aux enfants. Il s’agit avant tout, comme nous le verrons à travers l’analyse comparée de deux films, d’une stratégie commerciale qui a pour effet de reconduire un imaginaire figé et de limiter l’utilisation, pourtant bien plus large, du langage cinématographique et de ses possibilités d’offrir de vraies réflexions sur le monde de l’enfance. Lire la suite…

N° 124 / Quand sonne l’image de vérité

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice à Lausanne

« De manière comparable aux statistiques, la photographie ne présente aucunement la réalité, mais représente une ou des données, des objets dotés de sens. L’image, tout comme la langue, est constituée d’un ensemble de conventions adoptées par le corps social. L’image n’est pas un langage universel, compris de tous, puisqu’elle est toujours sujette à des interprétations et relève des codes propres à chaque groupe social ou société. » (Mühlestein, Marcel, pp. 108-109) Lire la suite…

N° 124 / Les marchands d’enfance

Dossier

Par Claudia Mühlebach, directrice à Rolle

La lecture de l’article du quotidien Le Temps du 24 juin me laisse perplexe, il nous est annoncé la fin définitive de la publicité sexiste. Le monde, semblerait-il, a changé et l’égalité publicitaire entre filles et garçons est avérée. Les filles auront le droit de rouler en berlines sportives et les garçons pourront jouer à la Barbie. Pour preuve nous est montrée la publicité d’une marque de voiture qui cherche à valoriser le féminin à travers la mise en scène d’une fille participant à une course de caisses à savon et qui la gagne, tandis que son papa se pose des questions quant à la reconnaissance de cette compétence spécifique dans ce monde. Dans ce même article[1], on apprend que le « grand raout international de la pub », formé par une vingtaine de multinationales, soutient le projet « Unstereotype Alliance », qui s’engage à ne plus verser dans les clichés sexistes.

Victoire ? Illusions ? Stratégie marketing ? Lire la suite…

N° 124 / La pédagogie positive, et autres business pédagogiques

Faire & Penser

Par Michelle Fracheboud, adjointe pédagogique à Lausanne

 Petit tour d’horizon critique

Il y a déjà quelque temps que je me sens, comment dire, dérangée, par l’émergence massive de toutes ces « théories » qui prônent une éducation positive. Impossible d’y échapper : Filliozat par-ci, neurosciences par-là, etc., etc., qui nous distillent leurs bons conseils. On ne compte plus les blogs de parents qui « ont essayé l’éducation positive et veulent nous faire part de leur succès ». Lire la suite…

N° 124 / A propos de « transactions sociales »…

Réagir & Ecrire

Par Marianne Zogmal, adjointe pédagogique à Genève

Le dernier numéro de la Revue [petite] enfance (N° 123) porte sur les transactions sociales enfantines. Dans le présent texte, je n’aborde pas un des articles en particulier, mais vise à retracer les réflexions que cela a suscitées dans son ensemble. Pour ce faire, j’aborderai en premier les mots et les terminologies proposés, complèterai ensuite les récits portant sur des enfants en racontant un petit bout de l’histoire de Gabriel et reviendrai finalement à l’utilisation d’autres mots, employés pour décrire les enfants et les professionnel×le×s. Lire la suite…

N°124 / Introduction à Opérer (la peau) de Michael Facchin[1]

Dire & Lire

L’âme de l’écrivain capte le vertige de l’enfance, au-delà de la rationalité scientifique. Un texte comme celui de Michael Facchin rappelle qu’à travers la littérature et la poésie, il est possible de vivre une expérience réelle, par l’authenticité des images, des idées et des états d’âmes qu’il fait naître en nous. Lire la suite…

N°124 / Opérer (la peau)

Dire & Lire

Par Michael Facchin

Mon père est tatoueur. Depuis l’enfance, il m’a couvert de dessins, de formes et de traits, de lignes qui courent et qui s’arrêtent ; parfois sans le moindre sens. Ce sont, dit le Père, des brouillons qu’il a faits lorsque je ne pouvais rien faire d’autre que chialer, crier et geindre pour dire. Lire la suite…

N°123/Mystère transactionnel et boule de gomme sociale

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

 On y marchande, mais ce n’est pas un marché, il n’y a ni marchandise, ni marchand. On y troque une barbe à papa contre un sucre d’orge, mais ce n’est pas un souk. La transaction sociale, c’est quand la vitalité de la récré s’invite au milieu de la littérature classique. Lire la suite…

N°123/Usages et mésusages

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice à Lausanne

Petite transaction sociale à usage régulier

Sybille vient d’avoir une année. Elle aime manger et souvent elle est impatiente. Elle a son petit caractère comme on dit parfois entre nous. L’assiette devant les yeux, elle ne peut attendre le temps de la bavette, alors on la lui met un petit peu avant. L’assiette devant les yeux, elle pousse aussi de petits cris et l’assiette devant les mains, elle les plonge à l’intérieur. Les mains c’est bien avec le pain, les mains c’est pratique avec les frites, les mains c’est adéquat avec la pizza, les mains ça ne va pas trop avec le sirop… Lire la suite…

N°123/Les transactions sociales, un autre regard sur la socialisation

Dossier

Par Michelle Fracheboud, adjointe pédagogique à Lausanne

« Les savoirs de la vie quotidienne qui servent à se mouvoir au sein des relations ne sont pas des erreurs à rectifier, des préjugés indignes, ils sont adéquats à l’action, ils l’accompagnent, il convient de les recueillir et de les comprendre. »

(Foucart, p. 75)

J’aimerais débuter ce texte par les paroles d’une stagiaire, qui, lors de son bilan final, a prononcé, en substance, les paroles suivantes : « Au début de mon stage, j’avais de la peine à agir lorsque des enfants étaient en conflit ou lorsqu’il fallait leur rappeler une règle. En effet, j’avais la crainte que les enfants ne m’aiment plus. Mais ensuite, j’ai compris que ce dont les enfants ont besoin, ce n’est pas d’une éducatrice qu’ils pourraient aimer, c’est d’une personne sur qui ils peuvent compter. Y compris lorsqu’il s’agit d’arrêter un comportement, de poser une limite. » Lire la suite…

N°123/Et si on jouait à la transaction sociale ?

Dossier

Par Cécile Borel, éducatrice à Vernier

Vous avez sûrement déjà écouté un enfant ou un groupe d’enfants, qui jouent avec la sonorité d’un mot, ou avec son sens, ou encore, en fonction de leur âge, avec les deux. Par ces jeux, l’enfant explore toutes les dimensions du langage : sensorielle (son, vibration), symbolique (signification du mot), syntaxique et grammaticale (en l’assemblant à d’autres mots) et même créatrice (en inventant un mot, en changeant son sens, en l’associant à d’autres). L’enfant joue avec le langage et ses limites pour mieux se l’approprier. Des jeux assez jouissifs qui les font rire, surtout si les mots sont teintés d’interdit et dérangent les adultes. Je n’en dirai pas plus, je sais que vous les entendez déjà. Lire la suite…

N°123/Transactions sociales 1 – Une activité pédago-éducative sans enfants

Dossier

Il y a des mots comme ça, on les confond souvent avec d’autres. Ainsi en va-t-il de « transactions sociales », que l’on assimile parfois à « interactions sociales », ou à « relations sociales ». Pour faire court, disons que la relation est le lieu de départ de l’interaction (sans relation pas d’interaction), et que l’interaction est le lieu de départ de la transaction (sans interaction pas de transaction). Ces concepts ne sont donc pas totalement étrangers les uns aux autres, puisqu’ils s’emboîtent. Ils ne parlent cependant pas du même volume, ni du même moment des choses. Lire la suite…

N°123/Transactions sociales 2 – Le secret des choses

Dossier

Il y a des mots comme ça, ils nous renvoient à des souvenirs de jeune fille rangée, et ainsi en va-t-il de « transactions sociales ». Car « pour entrer dans le secret des choses, il faut d’abord se donner à elles »[1] – et la notion de transactions sociales peut être comprise dans ces quelques mots des Mémoires de Simone de Beauvoir. Lire la suite…

N°123/Transactions sociales 3 – Les règles et la loi

Dossier

Il y a des mots comme ça, ils nous renvoient aux règles, qui elles ramènent à la loi, qui se fonde sur des valeurs. Ainsi en va-t-il de « transactions sociales ». Cette notion indique en effet la mise en œuvre de « négociations »[1] (pouvant être à peine perceptibles), et donc l’existence de conflits (pouvant être peu manifestes), qui réclament une création ou un ajustement de règles, afin de vivre ensemble plus favorablement et conformément à une loi principielle[2]. Lire la suite…

N°123/Voie lactée L’allaitement par monts et par vaux

Faire & Penser

Par Michelle Fracheboud, Assistante pédagogique à Lausanne

L’allaitement a aujourd’hui « la cote » : il est promu par l’OMS jusqu’à l’âge de six mois au moins, on ne compte plus les blogs qui racontent des histoires de mères épanouies par l’allaitement de leur enfant. Cet engouement va jusqu’au point qu’on trouve sur la Toile des recettes de desserts et de petits plats « au lait maternel ». Lire la suite…

N°123/Quand les parents deviennent parents d’élèves

Chercher & Travailler

…Si la norme scolaire se cache entre les lignes, qui se retrouve en marge ?

Par Loyse Ballif, Hep Fribourg et Tania Ogay, Uni Fribourg

Une école enfantine, le préau au jour de rentrée scolaire, fin août. Des enfants arrivent accompagnés d’un père ou d’une mère, sac à dos tout neuf, baskets et/ou couettes impec’. Certains parents se reconnaissent, se font signe, se parlent dans leur langue. D’autres se tiennent un peu sur le côté, leur enfant à la main. Enfants ou adultes, les visages affichent des sourires où perce l’émotion. On attend que ce soit l’heure, on attend que les enseignantes ouvrent les portes. Lire la suite…

N°122 / Du sang et des larmes, pour ne pas parler du reste…

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

Tout le monde le sait, les mecs sont en titane et les gonzesses sont en guimauve. Ce sont les conneries structurantes que l’on déblatère depuis la nuit des temps. Et pourtant, depuis bien avant l’invention du langage, du titane et de la guimauve, l’on sait parfaitement que c’est faux. L’article qui partirait d’un point de vue queer pour décrire les pratiques sociales des émotions reste à écrire. Lire la suite…

N°122 / De la place qu’on leur fait à la place qu’elles prennent

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice à Lausanne

 Les émotions sont au cœur de vieux débats, ne serait-ce que celui de cette éternelle controverse entre passion et raison. La valeur de la seconde semble être acquise ; maîtriser ses affects a, à plusieurs époques différentes, été de mise pour des raisons distinctes. Mais, l’authenticité décrétée (à tort ou à raison) de la première lui donne une valeur tout aussi importante[1]. Elles ont été « prise de tête » entre psychologues, sociologues, historiens, anthropologues, éthologues, pédagogues, etc. Elles ont été « sac de nœuds » impossible à départager entre cognition, conscience, sentiment, affectivité, affects.

Les émotions sont-elles des aides ou des entraves pour comprendre ? Pour apprendre ? Pour connaître ? Lire la suite…

N°122 / Les dimensions (in)visibles du travail du care

Dossier

Angelo Soares, UQAM, Montréal

« Ce qui compte ne peut pas toujours être compté,

et ce qui peut être compté ne compte pas forcément. »

Albert Einstein

Introduction

Le travail du care comporte une grande hétérogénéité des tâches : prendre soin d’un nouveau-né, éduquer des enfants, prendre soin des personnes âgées, suivre une personne handicapée sont des exemples concrets de ce genre de travail qui est enraciné dans la sphère familiale. De cet enracinement, il apportera aussi bien son « invisibilité » que ses « standards » de qualité et de reconnaissance : le bon travail serait celui qui est fait comme si on le faisait pour un membre de la famille. Lire la suite…

N°122 / Le tour des émotions en 24 heures

Dossier

Par Cécile Borel, éducatrice à Vernier 

6h10

TON réveil sonne pour la quatrième fois, le mien est réglé sur 7h00. J’ai envie de te tuer, d’autant que je sens bien que, si moi j’ai mal dormi, si j’ai passé ma nuit à me réveiller au moindre bruit, toi tu dors très bien et tu es prête à repousser ton réveil encore trois ou quatre fois… la prochaine sonnerie va réveiller le petit et JE devrai me lever. Ce matin, je te déteste même si je t’aime.

6h20

 Ça y est, le petit est réveillé. Il me sourit derrière sa sucette et je ne peux pas le détester, alors je me déteste moi, mes yeux qui me piquent, les cernes qui sont dessinées dessous et mon envie de me coucher par terre pour pleurer et dormir (enfin !). Lire la suite…

N°122 / Emotions et incertitudes

Dossier

Devant Le dernier voyage, d’Irène Cohen-Janca et Maurizio A. C. Quarello, Ed. des Eléphants, Paris, 2015.

Par Claudia Mühlebach, directrice à Rolle

En passant devant les rayons de livres intitulés « Albums pour enfant », mon regard reste accroché à un ouvrage, plutôt épais, sombre. Je lis : Le dernier voyage, le docteur Korczak et ses enfants. Korczak que je connais bien à travers mes études d’éducatrice, mes lectures et la journée de formation organisée à Genève au nom des droits des enfants[1].

Intriguée, je le saisis. Pour le genre « Album pour enfants », je le trouve sobre et épais. L’auteure, Irène Cohen-Janca et l’illustrateur Maurizio A. C. Quarello sont nommés en haut de la couverture. En bas, trois têtes d’éléphants pour l’éditeur. Je ne connais ni l’auteure, ni l’illustrateur qui, après quelques recherches sur internet, bien plus tard, s’avèrent être passablement connus. Lire la suite…

N°122 / La complexité dans le métier d’éducateur/trice de l’enfance…

Faire & Penser

Par Benoît Holdener, éducateur de la petite enfance ESTS et formateur d’adultes

Cette réflexion s’efforcera de montrer en quoi le métier d’éducateur/trice de l’enfance (ci-après EDE) a tout à gagner à adopter la pensée de la complexité dans son exercice et tentera, dans un second article à venir, de dégager des pistes pour former au mieux les futur×e×s EDE à cette façon d’appréhender le quotidien. Car il n’est plus à démontrer que le monde, les familles et l’enfant baignent tous dans cette réalité, à l’image du cerveau humain, avec ses connexions synaptiques qu’il est possible d’accroître pour plus d’efficacité, montrant ainsi le chemin à emprunter ou le but à viser : créer et entretenir le maximum de liens avec toute réalité autre, pour en saisir le maximum d’aspects, afin de s’y accorder au mieux. Lire la suite…

N°122 / Ces livres qui nous trouvent par hasard

Dire & Lire

En lisant Ce n’est pas toi que j’attendais, Fabien Toulmé, Ed. Belcourt (2014)

Par Michelle Fracheboud, Assistante pédagogique à Lausanne

Deux mots sur l’objet d’abord : il s’agit d’une BD, mais au format d’un livre. Elle n’est pas sans rappeler le fameux Persepolis de Marjane Satrapi[1] et c’est peut-être bien ce qui m’a poussée à m’arrêter dans les rayons d’une librairie. Les dessins sont simples, avec un choix de couleurs sobres, chaque chapitre étant coloré par un dégradé d’une même teinte. Lire la suite…

N°121 / Travailler avec, travailler pour et travailler contre…

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

On dit facilement « faire équipe » en hochant la tête de satisfaction, tant la chose a l’air d’une évidence. Mais cet assentiment universel se garde bien d’aborder comment les équipes se défont, et elles se défont souvent, parfois lentement et parfois brutalement. Il apparaît assez rapidement que la coopération ne peut être le résultat d’une injonction, « coopérez, les enfants » est du même degré de bêtise que l’éternellement vide « aimez-vous les uns les autres ». L’amour n’est pas un ingrédient majeur de la coopération, on peut bien travailler avec des gens que l’on n’aime pas beaucoup ; l’amitié non plus, je connais des gens qui coopèrent bien et qui s’évitent en dehors du boulot. Lire la suite…

N°121 / Je, tu, elle, nous coopérons…

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice à Lausanne

Les directions encouragent et prescrivent la collaboration, voire la coopération.
Dejours (1995) [1] différencie la coordination de la coopération.
Dans ce numéro, La Rémige postule que la coopération est incontournable, Tapparel affirme que chaque EDE devrait posséder les capacités de coopérer. D’autres cherchent à mettre en avant les conditions de la coopération. Lire la suite…

N°121 / Quid de la coopération intellectuelle dans les institutions de la petite enfance ?

Dossier

Sophie Tapparel, éducatrice de la petite enfance et docteure en psychologie

Le travail en équipe est constitutif du travail éducatif dans le milieu de la petite enfance. Il est notamment attendu des éducateurs/trices de l’enfance (EDE, ci-après) qu’ils/elles soient capables « de travailler en équipe », « d’entretenir un bon état d’esprit d’équipe », « de travailler en équipe pédagogique de manière réflexive avec les collègues »[1]… autrement dit, de coopérer. Lire la suite…