CHOIX D’ARTICLE

N° 126 / Le contraire d’une marchandise

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

La haine traverse les générations précisément par défaut d’émancipation, quand le destin est considéré comme une puissance totale. Son terrain de prédilection ce sont les histoires de familles et les histoires de nations, qu’elles soient mythologiques ou politiques. Lire la suite…

N°126 / La femme, la mère et la crèche au XIXe. Entre assujettissement et émancipation

Dossier

Par Catherine Bouve, responsable de formation, Docteur en Sciences de l’Education, chercheure associée au laboratoire EXPERICE (Université Paris 13)

« La crèche est un simple encouragement à la paresse et à l’indifférence des mères : c’est une école de mauvais allaitement artificiel. Delenda est : Il faut détruire les crèches » (Renaud-Badet, 1909, p. 73).

Au milieu du XIXe siècle, la Société des Crèches construit un projet de reconquête religieuse et de régénération de la classe ouvrière où la peur sociale se transforme en contrôle de l’éducation des enfants pauvres pour former des travailleurs consciencieux et dociles. Car il s’agit bien de construire une paix sociale durable, d’en finir avec les émeutes et les révolutions. A travers l’enfant c’est la femme ‒ mères et berceuses[1] – et conséquemment la famille, que l’on sensibilise à de nouvelles valeurs[2]. Lire la suite…

N°126 / Emancipation et éducation : la révolution postmoderne

Dossier

Par Cécile Borel

La réflexion que propose cet article s’est beaucoup appuyée sur le texte de Benjamin Fernandez, « Le temps de l’individuation sociale » (2011). Journaliste et sociologue franco-américain, il propose une critique de la société postmoderne qui fait largement écho aux réflexions éducatives qui m’habitent autour des questions de production et de rythme. La vision qu’il expose peut apparaître un peu réductrice, mais elle est révélatrice des courants qui traversent notre société et nous entraînent parfois malgré nous. Lire la suite…

N°126 / En quoi l’émancipation nous concerne-t-elle ?

Dossier

Par Michelle Fracheboud, adjointe pédagogique à Lausanne

La question de l’émancipation dans les lieux d’accueil de la petite enfance peut sembler décalée : s’émanciper, c’est s’affranchir d’un état de dépendance, d’une domination, alors que cet état de dépendance est intrinsèque à la condition des jeunes enfants qui ne sauraient survivre et se développer sans la présence attentive des adultes. Lire la suite…

N°126 / Des conditions de l’émancipation

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice à Lausanne

Emancipation pour toutes et tous, toujours, tout le temps ? De quoi parle-t-on ?

Jules commence à avancer à quatre pattes, il se déplace de plus en plus vite chaque jour. On le pose ici et on le retrouve là-bas. On aimerait qu’il reste par là, les jeux à disposition ne sont pas dangereux, mais on le retrouve là-bas près des escaliers… Lire la suite…

N°126 / Entre entraves et émancipation

Dossier

Par Marianne Zogmal, adjointe pédagogique à Genève

Pour de petits enfants, le terme d’émancipation est peu utilisé et semble un peu incongru. Une lutte politique pour des droits et des moyens permettant de se libérer d’un assujettissement ? Qu’est-ce que cela apporte pour l’éducation des jeunes enfants ? Le champ professionnel recourt plutôt aux notions  d’autonomie ou de participation. Ce texte discute en premier lieu la signification de ces différents termes, avant de s’intéresser aux pratiques réelles portant sur la « gestion » d’un groupe d’enfants. Comment une analyse interactionnelle peut-elle éclairer les liens asymétriques entre enfants et éducatrices de l’enfance qui s’inscrivent dans un contexte collectif ? Comment les règles institutionnelles, la répartition des enfants et la mise en place des activités se réalisent-elles dans les structures d’accueil de l’enfance ? Lire la suite…

N°126 / Multiplicité des regards, diversité des pratiques

Faire & Penser

Par Céline Nunes Delion, Laure Schürmann, Claire Kohler et Claudia Mühlebach

Nous travaillons dans une même institution, mais sur des groupes différents et devions intervenir lors d’une journée de formation intitulée : « Lire et réfléchir – lire et faire ». Cette journée a été annulée et nous allons tenter d’écrire ce que nous voulions dire.

Pour éclaircir un peu comment nos lectures professionnelles font vivre nos pratiques, nous sommes parties de quelques textes qui nous ont occupées durant nos colloques institutionnels. La parution récente d’Eloge de la diversité (2017)[1] est venue lancer le débat, tant nous rencontrons chaque jour la réalité de ces diversités, qu’il s’agisse des enfants avec leurs familles ou des professionnelles avec leurs parcours si différents. Lire la suite…

N°126 / Réagir

Réagir & Ecrire

Par Nicole Egli

Je voudrais revenir sur le numéro 125 de la Revue [petite] enfance intitulé « Plaisir du récit, bonheur du mensonge ».

Après quelques hésitations, entre le texte d’Elise Joder et celui de Virginie Sadock, j’ai fait le choix de me pencher d’un peu plus près sur l’article de cette dernière. Son titre, « Que le spectacle commence… », fait sans doute écho à mon travail d’éducatrice et d’animatrice d’ateliers d’expression et ce texte a résonné longtemps en moi après sa lecture. Lire la suite…

N°126 / En lisant Les murs du silence

Dire & Lire

En lisant Les murs du silence. Abus sexuels et maltraitances d’enfants placés à l’Institut Marini d’Anne-Françoise Praz, Pierre Avvanzino et Rebecca Crettaz (2018), Neuchâtel, Alphil-Presses universitaires suisses.

Par Fabrice Bertrand, responsable de formation, esede, Lausanne

Sous l’autorité d’hommes d’Eglise, l’horreur s’est produite. D’une manière répétée et dissimulée, au sein de l’Institut catholique fribourgeois Marini, violences et abus sexuels ont marqué le destin d’enfants aux parcours souvent déjà difficiles et dont le clergé avait la charge. Comment peut-on expliquer des fautes de cette envergure ? Tel est l’un des enjeux de l’ouvrage rédigé par Anne-Françoise Praz, Pierre Avvanzino et Rebecca Crettaz, issu d’une recherche confiée aux auteur·e·s par l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Charles Morerod. Lire la suite…

N°126 / Tedo, l’enfant tenace

Dire & Lire

En regardant L’autre rive, de George Ovashvili, Géorgie, 2009, DVD. Ed, Trigon Film, 2012

Par Jean-Marie Cherubini                               

Resté discret sur le paysage cinématographique international, le film de George Ovashvili, L’autre rive, constitue un rare exemple de cinéma qui met en scène un enfant dans un contexte guerrier autrement que pour flatter la bonne conscience de l’adulte. Lire la suite…

N° 125 / On grandit par le corps et par le récit

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

Et quand on ne grandit plus, on est vieux ; et quand on ne raconte plus, on est mort.

Infans, celui qui ne parle pas. Etymologiquement, l’enfance serait donc sans parole. Pourtant, très tôt, les enfants racontent, et c’est par ces étranges vocalises, que nous ne comprenons que très imparfaitement, qu’ils cherchent notre humanité et affirment la leur. L’essentiel se joue dans notre application à les écouter. Lire la suite…

N° 125 / Fragments autour du geste de raconter

Dossier

Par Mireille Cifali Bega, prof. honoraire, Université de Genève

  1. Raconter, raconter encore et encore des histoires à celles et ceux qui ont besoin de notre voix, le soir au coucher ou durant la journée pour rester éveillés.

 Retrouver les personnages, découvrir ce qui arrive, comment cela commence, comment cela finit. Inventer une histoire, lire une histoire, en écorchant les mots, laissant filtrer l’émotion, la peur même, avec la question toujours inquiétante : « Que va-t-il donc se passer ? » Dans l’attente et la suspension. Lire la suite…

N° 125 / Que le spectacle commence : récits vivants d’un travail animé

Dossier

Le travail d’une professeure d’arts plastiques

Par Virginie Sadock, psychologue du travail, Paris

Comment les personnes racontent-elles leur travail ?  Les manières de raconter son travail donnent-elles des éclairages sur les manières de travailler ? Sur les vécus de travail ? Sur les processus de travail ? Lire la suite…

N° 125 / En fait maman…

Dossier

Par Cécile Borel, éducatrice de la petite enfance

– Tu sais, maman ?

– Mmh ?

– Ben le crocrodile, il a mangé la princesse.

– Ah Bon ?!

– Ben voui ! Parce que le crocrodile, il était fâché, tu vois ? Lire la suite…

N° 125 / Petit détour par la fiction pour réfléchir au quotidien

Dossier

Par Michelle Fracheboud, assistante pédagogique à Lausanne

« Et, l’Eustache en main, Lebrac aborda sa victime. Il passa d’abord simplement le dos du couteau sur les oreilles de Migue la Lune qui, croyant au froid du métal que ça y était vraiment, se mit à sangloter et à hurler, puis satisfait il s’arrêta dans cette voie et se mit en devoir de lui “affûter”, comme il disait, proprement ses habits. Lire la suite…

N° 125 / Qu’est-ce que je raconte de ce qu’ils racontent

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice à Lausanne

Quand les petits enfants racontent, nous racontent, ils se racontent.

Ils disent un peu qui ils sont, ce qu’ils font, où ils en sont, ce qu’ils saisissent du monde alentour, ce qu’ils aimeraient de ce monde qui les entoure. Ils disent encore comment on les laisse exister dans ce monde où ils ont beaucoup à apprendre et à comprendre. Lire la suite…

N° 125 / L’évaluation du formateur, « des chiffres et des mots »

Réagir & Ecrire

Par Agnès Lepage-Champion et Bernadette Moussy

Introduction

Les auteures de cet article font des stages de formation permanente régulièrement. Elles ont expérimenté à plusieurs reprises le fait d’être l’objet d’une évaluation de leur animation. Ce qu’elles en ont ressenti leur pose quelques questions. Chiffrer la qualité d’une prestation par les utilisateurs est-il opportun alors que l’objectif des stages de formation concerne plutôt ceux qui y participent ? Qui évalue ? Qu’est-ce qui est noté ? N’y aurait-il pas une confusion entre ce qui doit être évalué et ce qui fait l’objet des questionnaires que l’on distribue aux stagiaires ?

Cet article, qui se présente sous la forme d’un dialogue entre les deux protagonistes, apporte leur expérience, leurs réflexions et leurs conclusions. Lire la suite…

N° 125 / Le radeau n’est pas une barricade

Dire & Lire

Par Jean-Marie Cherubini

En regardant

Ce gamin, là de Renaud Victor, France, 1975

Paru dans le DVD: Le cinéma de Fernand Deligny, Ed. Montparnasse, 2007

Ce gamin, là c’est Janmari. Un enfant autiste qui fait partie des pensionnaires du hameau des Graniers, dans les Cévennes, là où Fernand Deligny a établi sa structure d’accueil pour enfants autistes, entre 1968 et 1989. Lire la suite…

N° 124 / Une image, un phantasme, une représentation et des idées

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

 La vie n’est pas un théâtre, la scène n’est pas sur le devant, légèrement surélevée ; son texte n’est pas écrit, l’improvisation désordonnée domine les échanges avec plus ou moins de bonheur ; les décors ne sont pas des simulations de réalité, les tiroirs contiennent des choses et le frigo sent un peu le moisi ; dans la vie de tous les jours et de toutes les nuits, le metteur en scène n’est jamais là, même si les agencements des déambulations ont l’air d’être des arrangements organisés… Au théâtre, quand tout va bien, les acteurs sont payés ; dans la vie on est payé éventuellement pour un travail, mais pas précisément pour vivre sa vie. Lire la suite…

N° 124 / Les enfants dans les films de guerre: des enfants… vraiment ?

Dossier

Par Jean-Marie Cherubini

«Dans ce faux monde d’enfants, des enfants jouent à l’enfance.»

Emmanuel Dreux, « Cinéma burlesque : des enfants petits et grands », L’enfant au cinéma, Arras, Artois Presses Université, 2008

Personnages essentiels de nombreux films de guerre, les enfants sont très appréciés par les maisons de productions car ils sont des vecteurs parfaits pour générer une émotion forte et donner toute la mesure de l’horreur d’un conflit. Mais bien souvent, ces films ne parlent pas de ce que peut vivre l’enfant dans une telle situation. Celui-ci est généralement réduit à ce qu’il symbolise dans nos sociétés, à savoir l’innocence et la fragilité. Malgré les apparences, cette approche n’est pourtant ni propre au cinéma, ni nécessairement attachée aux enfants. Il s’agit avant tout, comme nous le verrons à travers l’analyse comparée de deux films, d’une stratégie commerciale qui a pour effet de reconduire un imaginaire figé et de limiter l’utilisation, pourtant bien plus large, du langage cinématographique et de ses possibilités d’offrir de vraies réflexions sur le monde de l’enfance. Lire la suite…

N° 124 / Quand sonne l’image de vérité

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice à Lausanne

« De manière comparable aux statistiques, la photographie ne présente aucunement la réalité, mais représente une ou des données, des objets dotés de sens. L’image, tout comme la langue, est constituée d’un ensemble de conventions adoptées par le corps social. L’image n’est pas un langage universel, compris de tous, puisqu’elle est toujours sujette à des interprétations et relève des codes propres à chaque groupe social ou société. » (Mühlestein, Marcel, pp. 108-109) Lire la suite…

N° 124 / Les marchands d’enfance

Dossier

Par Claudia Mühlebach, directrice à Rolle

La lecture de l’article du quotidien Le Temps du 24 juin me laisse perplexe, il nous est annoncé la fin définitive de la publicité sexiste. Le monde, semblerait-il, a changé et l’égalité publicitaire entre filles et garçons est avérée. Les filles auront le droit de rouler en berlines sportives et les garçons pourront jouer à la Barbie. Pour preuve nous est montrée la publicité d’une marque de voiture qui cherche à valoriser le féminin à travers la mise en scène d’une fille participant à une course de caisses à savon et qui la gagne, tandis que son papa se pose des questions quant à la reconnaissance de cette compétence spécifique dans ce monde. Dans ce même article[1], on apprend que le « grand raout international de la pub », formé par une vingtaine de multinationales, soutient le projet « Unstereotype Alliance », qui s’engage à ne plus verser dans les clichés sexistes.

Victoire ? Illusions ? Stratégie marketing ? Lire la suite…

N° 124 / La pédagogie positive, et autres business pédagogiques

Faire & Penser

Par Michelle Fracheboud, adjointe pédagogique à Lausanne

 Petit tour d’horizon critique

Il y a déjà quelque temps que je me sens, comment dire, dérangée, par l’émergence massive de toutes ces « théories » qui prônent une éducation positive. Impossible d’y échapper : Filliozat par-ci, neurosciences par-là, etc., etc., qui nous distillent leurs bons conseils. On ne compte plus les blogs de parents qui « ont essayé l’éducation positive et veulent nous faire part de leur succès ». Lire la suite…

N° 124 / A propos de « transactions sociales »…

Réagir & Ecrire

Par Marianne Zogmal, adjointe pédagogique à Genève

Le dernier numéro de la Revue [petite] enfance (N° 123) porte sur les transactions sociales enfantines. Dans le présent texte, je n’aborde pas un des articles en particulier, mais vise à retracer les réflexions que cela a suscitées dans son ensemble. Pour ce faire, j’aborderai en premier les mots et les terminologies proposés, complèterai ensuite les récits portant sur des enfants en racontant un petit bout de l’histoire de Gabriel et reviendrai finalement à l’utilisation d’autres mots, employés pour décrire les enfants et les professionnel×le×s. Lire la suite…

N°124 / Introduction à Opérer (la peau) de Michael Facchin[1]

Dire & Lire

L’âme de l’écrivain capte le vertige de l’enfance, au-delà de la rationalité scientifique. Un texte comme celui de Michael Facchin rappelle qu’à travers la littérature et la poésie, il est possible de vivre une expérience réelle, par l’authenticité des images, des idées et des états d’âmes qu’il fait naître en nous. Lire la suite…

N°124 / Opérer (la peau)

Dire & Lire

Par Michael Facchin

Mon père est tatoueur. Depuis l’enfance, il m’a couvert de dessins, de formes et de traits, de lignes qui courent et qui s’arrêtent ; parfois sans le moindre sens. Ce sont, dit le Père, des brouillons qu’il a faits lorsque je ne pouvais rien faire d’autre que chialer, crier et geindre pour dire. Lire la suite…

N°123/Mystère transactionnel et boule de gomme sociale

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

 On y marchande, mais ce n’est pas un marché, il n’y a ni marchandise, ni marchand. On y troque une barbe à papa contre un sucre d’orge, mais ce n’est pas un souk. La transaction sociale, c’est quand la vitalité de la récré s’invite au milieu de la littérature classique. Lire la suite…

N°123/Usages et mésusages

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice à Lausanne

Petite transaction sociale à usage régulier

Sybille vient d’avoir une année. Elle aime manger et souvent elle est impatiente. Elle a son petit caractère comme on dit parfois entre nous. L’assiette devant les yeux, elle ne peut attendre le temps de la bavette, alors on la lui met un petit peu avant. L’assiette devant les yeux, elle pousse aussi de petits cris et l’assiette devant les mains, elle les plonge à l’intérieur. Les mains c’est bien avec le pain, les mains c’est pratique avec les frites, les mains c’est adéquat avec la pizza, les mains ça ne va pas trop avec le sirop… Lire la suite…

N°123/Les transactions sociales, un autre regard sur la socialisation

Dossier

Par Michelle Fracheboud, adjointe pédagogique à Lausanne

« Les savoirs de la vie quotidienne qui servent à se mouvoir au sein des relations ne sont pas des erreurs à rectifier, des préjugés indignes, ils sont adéquats à l’action, ils l’accompagnent, il convient de les recueillir et de les comprendre. »

(Foucart, p. 75)

J’aimerais débuter ce texte par les paroles d’une stagiaire, qui, lors de son bilan final, a prononcé, en substance, les paroles suivantes : « Au début de mon stage, j’avais de la peine à agir lorsque des enfants étaient en conflit ou lorsqu’il fallait leur rappeler une règle. En effet, j’avais la crainte que les enfants ne m’aiment plus. Mais ensuite, j’ai compris que ce dont les enfants ont besoin, ce n’est pas d’une éducatrice qu’ils pourraient aimer, c’est d’une personne sur qui ils peuvent compter. Y compris lorsqu’il s’agit d’arrêter un comportement, de poser une limite. » Lire la suite…

N°123/Et si on jouait à la transaction sociale ?

Dossier

Par Cécile Borel, éducatrice à Vernier

Vous avez sûrement déjà écouté un enfant ou un groupe d’enfants, qui jouent avec la sonorité d’un mot, ou avec son sens, ou encore, en fonction de leur âge, avec les deux. Par ces jeux, l’enfant explore toutes les dimensions du langage : sensorielle (son, vibration), symbolique (signification du mot), syntaxique et grammaticale (en l’assemblant à d’autres mots) et même créatrice (en inventant un mot, en changeant son sens, en l’associant à d’autres). L’enfant joue avec le langage et ses limites pour mieux se l’approprier. Des jeux assez jouissifs qui les font rire, surtout si les mots sont teintés d’interdit et dérangent les adultes. Je n’en dirai pas plus, je sais que vous les entendez déjà. Lire la suite…

N°123/Transactions sociales 1 – Une activité pédago-éducative sans enfants

Dossier

Il y a des mots comme ça, on les confond souvent avec d’autres. Ainsi en va-t-il de « transactions sociales », que l’on assimile parfois à « interactions sociales », ou à « relations sociales ». Pour faire court, disons que la relation est le lieu de départ de l’interaction (sans relation pas d’interaction), et que l’interaction est le lieu de départ de la transaction (sans interaction pas de transaction). Ces concepts ne sont donc pas totalement étrangers les uns aux autres, puisqu’ils s’emboîtent. Ils ne parlent cependant pas du même volume, ni du même moment des choses. Lire la suite…

N°123/Transactions sociales 2 – Le secret des choses

Dossier

Il y a des mots comme ça, ils nous renvoient à des souvenirs de jeune fille rangée, et ainsi en va-t-il de « transactions sociales ». Car « pour entrer dans le secret des choses, il faut d’abord se donner à elles »[1] – et la notion de transactions sociales peut être comprise dans ces quelques mots des Mémoires de Simone de Beauvoir. Lire la suite…

N°123/Transactions sociales 3 – Les règles et la loi

Dossier

Il y a des mots comme ça, ils nous renvoient aux règles, qui elles ramènent à la loi, qui se fonde sur des valeurs. Ainsi en va-t-il de « transactions sociales ». Cette notion indique en effet la mise en œuvre de « négociations »[1] (pouvant être à peine perceptibles), et donc l’existence de conflits (pouvant être peu manifestes), qui réclament une création ou un ajustement de règles, afin de vivre ensemble plus favorablement et conformément à une loi principielle[2]. Lire la suite…

N°123/Voie lactée L’allaitement par monts et par vaux

Faire & Penser

Par Michelle Fracheboud, Assistante pédagogique à Lausanne

L’allaitement a aujourd’hui « la cote » : il est promu par l’OMS jusqu’à l’âge de six mois au moins, on ne compte plus les blogs qui racontent des histoires de mères épanouies par l’allaitement de leur enfant. Cet engouement va jusqu’au point qu’on trouve sur la Toile des recettes de desserts et de petits plats « au lait maternel ». Lire la suite…

N°123/Quand les parents deviennent parents d’élèves

Chercher & Travailler

…Si la norme scolaire se cache entre les lignes, qui se retrouve en marge ?

Par Loyse Ballif, Hep Fribourg et Tania Ogay, Uni Fribourg

Une école enfantine, le préau au jour de rentrée scolaire, fin août. Des enfants arrivent accompagnés d’un père ou d’une mère, sac à dos tout neuf, baskets et/ou couettes impec’. Certains parents se reconnaissent, se font signe, se parlent dans leur langue. D’autres se tiennent un peu sur le côté, leur enfant à la main. Enfants ou adultes, les visages affichent des sourires où perce l’émotion. On attend que ce soit l’heure, on attend que les enseignantes ouvrent les portes. Lire la suite…

N°122 / Du sang et des larmes, pour ne pas parler du reste…

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

Tout le monde le sait, les mecs sont en titane et les gonzesses sont en guimauve. Ce sont les conneries structurantes que l’on déblatère depuis la nuit des temps. Et pourtant, depuis bien avant l’invention du langage, du titane et de la guimauve, l’on sait parfaitement que c’est faux. L’article qui partirait d’un point de vue queer pour décrire les pratiques sociales des émotions reste à écrire. Lire la suite…

N°122 / De la place qu’on leur fait à la place qu’elles prennent

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice à Lausanne

 Les émotions sont au cœur de vieux débats, ne serait-ce que celui de cette éternelle controverse entre passion et raison. La valeur de la seconde semble être acquise ; maîtriser ses affects a, à plusieurs époques différentes, été de mise pour des raisons distinctes. Mais, l’authenticité décrétée (à tort ou à raison) de la première lui donne une valeur tout aussi importante[1]. Elles ont été « prise de tête » entre psychologues, sociologues, historiens, anthropologues, éthologues, pédagogues, etc. Elles ont été « sac de nœuds » impossible à départager entre cognition, conscience, sentiment, affectivité, affects.

Les émotions sont-elles des aides ou des entraves pour comprendre ? Pour apprendre ? Pour connaître ? Lire la suite…

N°122 / Les dimensions (in)visibles du travail du care

Dossier

Angelo Soares, UQAM, Montréal

« Ce qui compte ne peut pas toujours être compté,

et ce qui peut être compté ne compte pas forcément. »

Albert Einstein

Introduction

Le travail du care comporte une grande hétérogénéité des tâches : prendre soin d’un nouveau-né, éduquer des enfants, prendre soin des personnes âgées, suivre une personne handicapée sont des exemples concrets de ce genre de travail qui est enraciné dans la sphère familiale. De cet enracinement, il apportera aussi bien son « invisibilité » que ses « standards » de qualité et de reconnaissance : le bon travail serait celui qui est fait comme si on le faisait pour un membre de la famille. Lire la suite…

N°122 / Le tour des émotions en 24 heures

Dossier

Par Cécile Borel, éducatrice à Vernier 

6h10

TON réveil sonne pour la quatrième fois, le mien est réglé sur 7h00. J’ai envie de te tuer, d’autant que je sens bien que, si moi j’ai mal dormi, si j’ai passé ma nuit à me réveiller au moindre bruit, toi tu dors très bien et tu es prête à repousser ton réveil encore trois ou quatre fois… la prochaine sonnerie va réveiller le petit et JE devrai me lever. Ce matin, je te déteste même si je t’aime.

6h20

 Ça y est, le petit est réveillé. Il me sourit derrière sa sucette et je ne peux pas le détester, alors je me déteste moi, mes yeux qui me piquent, les cernes qui sont dessinées dessous et mon envie de me coucher par terre pour pleurer et dormir (enfin !). Lire la suite…

N°122 / Emotions et incertitudes

Dossier

Devant Le dernier voyage, d’Irène Cohen-Janca et Maurizio A. C. Quarello, Ed. des Eléphants, Paris, 2015.

Par Claudia Mühlebach, directrice à Rolle

En passant devant les rayons de livres intitulés « Albums pour enfant », mon regard reste accroché à un ouvrage, plutôt épais, sombre. Je lis : Le dernier voyage, le docteur Korczak et ses enfants. Korczak que je connais bien à travers mes études d’éducatrice, mes lectures et la journée de formation organisée à Genève au nom des droits des enfants[1].

Intriguée, je le saisis. Pour le genre « Album pour enfants », je le trouve sobre et épais. L’auteure, Irène Cohen-Janca et l’illustrateur Maurizio A. C. Quarello sont nommés en haut de la couverture. En bas, trois têtes d’éléphants pour l’éditeur. Je ne connais ni l’auteure, ni l’illustrateur qui, après quelques recherches sur internet, bien plus tard, s’avèrent être passablement connus. Lire la suite…

N°122 / La complexité dans le métier d’éducateur/trice de l’enfance…

Faire & Penser

Par Benoît Holdener, éducateur de la petite enfance ESTS et formateur d’adultes

Cette réflexion s’efforcera de montrer en quoi le métier d’éducateur/trice de l’enfance (ci-après EDE) a tout à gagner à adopter la pensée de la complexité dans son exercice et tentera, dans un second article à venir, de dégager des pistes pour former au mieux les futur×e×s EDE à cette façon d’appréhender le quotidien. Car il n’est plus à démontrer que le monde, les familles et l’enfant baignent tous dans cette réalité, à l’image du cerveau humain, avec ses connexions synaptiques qu’il est possible d’accroître pour plus d’efficacité, montrant ainsi le chemin à emprunter ou le but à viser : créer et entretenir le maximum de liens avec toute réalité autre, pour en saisir le maximum d’aspects, afin de s’y accorder au mieux. Lire la suite…

N°122 / Ces livres qui nous trouvent par hasard

Dire & Lire

En lisant Ce n’est pas toi que j’attendais, Fabien Toulmé, Ed. Belcourt (2014)

Par Michelle Fracheboud, Assistante pédagogique à Lausanne

Deux mots sur l’objet d’abord : il s’agit d’une BD, mais au format d’un livre. Elle n’est pas sans rappeler le fameux Persepolis de Marjane Satrapi[1] et c’est peut-être bien ce qui m’a poussée à m’arrêter dans les rayons d’une librairie. Les dessins sont simples, avec un choix de couleurs sobres, chaque chapitre étant coloré par un dégradé d’une même teinte. Lire la suite…

N°121 / Travailler avec, travailler pour et travailler contre…

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

On dit facilement « faire équipe » en hochant la tête de satisfaction, tant la chose a l’air d’une évidence. Mais cet assentiment universel se garde bien d’aborder comment les équipes se défont, et elles se défont souvent, parfois lentement et parfois brutalement. Il apparaît assez rapidement que la coopération ne peut être le résultat d’une injonction, « coopérez, les enfants » est du même degré de bêtise que l’éternellement vide « aimez-vous les uns les autres ». L’amour n’est pas un ingrédient majeur de la coopération, on peut bien travailler avec des gens que l’on n’aime pas beaucoup ; l’amitié non plus, je connais des gens qui coopèrent bien et qui s’évitent en dehors du boulot. Lire la suite…

N°121 / Je, tu, elle, nous coopérons…

Dossier

Par Karina Kühni, éducatrice à Lausanne

Les directions encouragent et prescrivent la collaboration, voire la coopération.
Dejours (1995) [1] différencie la coordination de la coopération.
Dans ce numéro, La Rémige postule que la coopération est incontournable, Tapparel affirme que chaque EDE devrait posséder les capacités de coopérer. D’autres cherchent à mettre en avant les conditions de la coopération. Lire la suite…

N°121 / Quid de la coopération intellectuelle dans les institutions de la petite enfance ?

Dossier

Sophie Tapparel, éducatrice de la petite enfance et docteure en psychologie

Le travail en équipe est constitutif du travail éducatif dans le milieu de la petite enfance. Il est notamment attendu des éducateurs/trices de l’enfance (EDE, ci-après) qu’ils/elles soient capables « de travailler en équipe », « d’entretenir un bon état d’esprit d’équipe », « de travailler en équipe pédagogique de manière réflexive avec les collègues »[1]… autrement dit, de coopérer. Lire la suite…

N°121 / Coopération au service de la construction d’une qualité d’accueil

Dossier

Par Florence Pirard, Université de Liège[1]

Les débats sur la qualité des lieux d’éducation et d’accueil des jeunes enfants (EAJE) font l’objet de nombreuses publications. S’il n’y a pas de consensus sur ce que recouvre précisément cette notion polysémique, certaines orientations sont mises en avant par différentes instances internationales, comme l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE, 2001, 2006, 2012, 2015) et l’Union européenne (2015). Lire la suite…

N°121 / Accords et désaccords en crèche, une partition à jouer quotidiennement

Dossier

Par Virginie Sadock, psychologue du travail

De quelle manière, au quotidien, les professionnelles composent-elles entre elles dans une crèche ? Comment s’accordent-elles pour accueillir un groupe d’enfants en bas âge ? Quel est le degré de difficulté et de complexité de cet accordage ?  Quand et comment se règlent les désaccords dans l’équipe ? En présence des enfants ? En leur absence ?  En silence ? Lire la suite…

N°121 / Notes autour de la lecture du Yéti

Chercher & Travailler

(2015), Thaï-Marc Le Than et Rebecca Dautremer, Vanves, Gautier-Languerau

Par Michelle Fracheboud, assistante pédagogique à Lausanne.

Ma fille cadette a la chance de compter parmi ses proches un amateur de bandes dessinées qui lui offre souvent des BD ou des albums avec des illustrations de qualité. Récemment, elle a reçu un ouvrage grand format : Yéti. Il faut tout d’abord dire que le Yéti est un personnage particulier pour elle : il a été plusieurs années durant son ami imaginaire. Il vivait aux Diablerets, dans la montagne, un endroit où nous nous rendons souvent et venait nous y retrouver. Lire la suite…

N°121 / Une généalogie en héritage : notre ancêtre la Berceuse

Dire & Lire

Par Catherine Bouve, historienne

Le projet des crèches émerge au XIXe siècle, sous l’impulsion du philanthrope Firmin Marbeau (1798-1875), homme de droit et homme politique, appartenant au mouvement du catholicisme social. La berceuse, recrutée pour s’y occuper des enfants, n’est pas encore une professionnelle – qualificatif ici anachronique. Mais qui est-elle, quelle place prend-elle dans ce projet à large spectre – sa vocation n’est pas moins qu’universelle – que représente la création de la première crèche, la crèche de Chaillot, le 14 novembre 1844, à Paris ? Lire la suite…

N°120 / L’éducation est un travail d’artisan

Editorial

Par Michelle Fracheboud, assistante pédagogique

La première image qui me vient à l’esprit lorsque je lis le mot « documenter », est un souvenir de mon enfance : le centre de documentation. Dans l’école que je fréquentais alors se trouvait un endroit un peu poussiéreux, avec de hautes étagères remplies de livres, boîtes d’archives, diapositives et autres documents. Ça sentait l’encre, le papier et un peu le renfermé. J’aimais cet endroit. Mes cours préférés étaient ceux où nous devions préparer des présentations qui nécessitaient justement d’aller se documenter. Soudain, j’étais éveillée, le monde s’ouvrait à moi. Il fallait essayer de comprendre, du latin « prendre avec », mettre ensemble, saisir par l’esprit. Lire la suite…

N°120 / Documenter sa pratique éducative : pour quoi faire ?

Dossier

Une analyse de la pratique de la documentation à Reggio Emilia

Emilie Dubois, Laboratoire CIVIIC, Université de Rouen

La ville de Reggio Emilia (dans la région italienne d’Emilie Romagne) connaît depuis 1991, avec la publication d’un classement des institutions de la prime enfance dans lequel elle figure par le magazine américain Newsweek, un certain succès sur la scène internationale de l’éducation préscolaire. Ses crèches et ses écoles maternelles municipales sont depuis sous le feu des projecteurs et attirent chercheurs et éducateurs du monde entier à des séminaires de travail proposés par Reggio Children, société créée en 1994 pour, entre autres, soutenir le dialogue entre la ville et ses structures d’accueil de la petite enfance municipale et l’étranger. Lire la suite…

N°120 / Quand la plume fait s’envoler le voile du quotidien

Dossier

Par Tania Ciocco Rauss, Sandrine Otz, Janick Hauser, Liliana Rodrigues et Céline Nunes Delion, éducatrices à Rolle.

Penser pour écrire… écrire pour penser. L’écriture est nécessaire pour faire mémoire, transmettre, s’adresser à, faire projet… Ecrire est « une manière, un art de s’exprimer »[1]. L’écrit peut ainsi prendre diverses formes, mais il fait toujours mémoire et vient porter témoignage de notre pratique professionnelle. « L’écriture constitue (avec la lecture) un moyen de correspondre dans l’espace et dans le temps. »[2] Comme une garante de la pensée personnelle au service de la pratique professionnelle. Certes, sans écriture, nous pensons déjà nos actions, souvent par d’autres moyens, mais la production écrite fait repenser l’action. « L’écriture s’avère être un élément essentiel non seulement dans la transmission d’une connaissance, mais aussi dans sa construction. »[3] Elle provoque donc une pensée plus claire, plus élaborée et plus riche. Lire la suite…

N°120 / La documentation pédagogique : photographie d’une absence

Dossier

Par Michelle Fracheboud, assistante pédagogique à Lausanne

 

Lorsque le comité de rédaction a fait le choix de réaliser un numéro sur le thème « documenter sa pratique », j’étais emballée. En effet, un voyage d’études à Pistoia et un certain nombre de lectures m’ont permis ces dernières années de découvrir la pratique de la « documentation pédagogique » initiée par les Italiens de Reggio Emilia. Néanmoins, je me suis retrouvée en difficulté : en effet, il faut le reconnaître, il s’agit d’écrire sur quelque chose qui n’existe pas ou pas encore dans notre contrée, sauf à l’état de bribes, d’ébauches, de traces mais jamais rien d’abouti. C’est pourquoi je vais essayer ici de me demander qu’est-ce que documenter, qu’est-ce que les fragments existants nous apprennent et pourquoi ils ne parviennent pas à se développer. J’aimerais tenter de comprendre ce qui se joue sans excuser, mais plutôt pour espérer que cela permette d’ouvrir des possibles, d’esquisser des lignes et des chemins. Lire la suite…

N°120 / Apprendre à travers la participation à une recherche

Dossier

Par Marianne Zogmal, adjointe pédagogique à Genève

Dans le cadre d’une recherche de type compréhensive (voir Filliettaz, 2012 ; Zogmal, Trébert & Filliettaz, 2013), les observations effectuées dans les institutions de la petite enfance n’ont pas de visée formative. La recherche menée ne vise pas à trouver des réponses applicables ni à intervenir sur le fonctionnement institutionnel, mais à mieux comprendre en quoi consistent les compétences professionnelles dans le champ de l’éducation de l’enfance. Les éducatrices participent ainsi sans pouvoir attendre une contrepartie pour leur contribution à la recherche. Est-il possible, malgré tout, de trouver des effets formatifs à une participation à une recherche ? Pour avoir une réponse, ce texte se propose d’aborder les effets potentiels d’une telle démarche, avant de présenter une analyse de quelques éléments issus des données recueillies dans le cadre de la recherche menée. Lire la suite…

N°120 / Les verbes du nouveau groupe : faire, penser et dire

Dossier

Par Cécile Borel, éducatrice à Vernier

L’idée de la documentation n’est pas nouvelle, on cherche à laisser une trace, à garder et à partager les savoirs, les idées, les réflexions, les innovations tout en élaborant des savoirs nouveaux. Elle préoccupe la petite enfance depuis une trentaine d’années. Lire la suite…

N°120 / Etre stagiaire, une expérience vécue de l’intérieur

Réagir & Ecrire

Par Anne Boerlin-Zurkinden, éducatrice de l’enfance et formatrice à la pratique professionnelle ES

« Ce qui ne me tue pas, me rend plus fort » Nietzsche

C’est en parcourant les différents articles du dernier numéro de la Revue [petite] enfance sur le thème « Les stagiaires, des exploitables ou des éducables ? » qu’en moi, a refait surface mes différentes expériences vécues lors de cette période d’apprentissage pas si lointaine.

Je ne vais pas m’apitoyer sur mon sort, mais je souhaite partager avec vous deux exemples qui, somme toutes, pourront peut-être résonner avec certaines de vos expériences ou des situations vécues par d’autres dont vous avez entendu parler.

Il y a le premier qui pourrait s’intituler : La vieille stagiaire.

Et le second : La stagiaire prise dans une relation perverse. Lire la suite…

N°120 / Notes de lectures parsemées… de pensées subjectives

Dire & Lire

Par Claudia Mühlebach, directrice à Rolle

Ecrire l’expérience : Vers la reconnaissance des pratiques professionnelles, de Mireille Cifali et Alain André, Paris, PUF, 2007.

Ce livre se trouve depuis plusieurs années dans ma bibliothèque, je l’avais lu… il y a longtemps, il persiste quelques souvenirs, plutôt vagues, je l’avoue. Lire la suite…

N°119 / Des exploités*[1], mais pas d’exploiteuses*

Editorial

Par Jacques Kühni, rédacteur

L’intitulé de ce numéro cherchait un peu la bagarre. L’exploitation des stagiaires, formulée comme une réalité, frise encore l’ « outrage à éducatrice »*, tant la vertu du milieu est posée comme incontestable, voire irréfragable. Et pourtant…

Un stage ce serait entre apprendre et bosser, mais il est bien difficile de repérer clairement ce qui relève de la production et ce qui tient de l’ « apprenance ». Personne ne conteste la nécessité de s’y coller pour de vrai pour comprendre de quoi le travail est fait, mais surgit alors une foule de situations où l’on apprend pour de faux, tant la nécessité et l’urgence d’accomplir sa tâche y est impérative. Lire la suite…

N°119 / Sois stage et tais-toi !

Dossier

Par SUD, étudiant×e×s et précaires, Lausanne

Dans le cadre d’une formation, le stage devient normal, il est (presque) généralisé. Il est, souvent, le passage obligé qui précède le « vrai » travail. Le mot recouvre surtout une série de situations plus ou moins similaires, plutôt de travail, plutôt pas payées. Nous aimerions inscrire ici le stage dans une logique structurelle et décrypter un bout de cette logique, parler de l’arnaque du « vrai » travail et de la réalité des faux stages. Lire la suite…

N°119 / Accompagner un stagiaire en éducation : une expérience dilemmatique

Dossier

Par Sylvie Mezzena, HETS//HES-SO Genève, et Vincent Châtelain, éducateur

Introduction

Dans la formation en alternance de la Haute école de travail social de Genève, le référentiel de compétences du praticien formateur (PF) définit sa mission d’accompagnement du stagiaire depuis des compétences sociales et relationnelles : « créer une relation pédagogique avec l’étudiant⋅e, développer des moyens et des attitudes qui permettent d’aider et d’accompagner l’étudiant⋅e dans son projet de formation pratique » ; et des compétences pédagogiques : « identifier et expérimenter les spécificités d’une pédagogie des adultes et de la relation pédagogique entre les personnes formatrices et les personnes formées ; développer les méthodologies et didactiques de la formation pratique : principes et formes, guidance, articulation et confrontation des situations d’apprentissage et de travail ; organiser des situations d’apprentissage et transmettre des savoirs variés » . Ces prescriptions s’ajoutent à celles du lieu de pratique. Lire la suite…